Les saints noirs et la prêtrise (1895–1978)

Événements liés aux saints noirs et à la restriction concernant le temple et la prêtrise entre 1895 et 1978.

Le tournant du siècle et l’époque de Joseph F. Smith (1885-1915)

juin 1885

Des missionnaires saints des derniers jours dans les États du Sud accueillent des Noirs à leurs réunions.[1] Les réunions sont aussi menacées par le Ku Klux Klan.[2]

27 janvier 1895

À propos de l’interdiction de la prêtrise, B. H. Roberts,[BIO] l’un des présidents des soixante-dix, soutient que certains des « fils de Dieu les plus favorisés » — dont Jésus-Christ, Joseph Smith et les Noirs — « sont appelés à passer par les plus grandes afflictions [et] sont les plus bénis ».[3]

22 août 1895

L’apôtre George Q. Cannon[BIO] se rappelle qu’enfant, à Nauvoo, on lui a appris que la restriction de la prêtrise venait de Joseph Smith.[BIO][4]

2 janvier 1902

En tant que président de l’Église, Joseph F. Smith[BIO] se souvient que Brigham Young[BIO] insistait avec force sur le fait qu’une « seule goutte » de « sang noir » disqualifierait une personne de la prêtrise et des bénédictions du temple.[5]

16 mars 1904

Le président Joseph F. Smith écrit à l’évêque David O. McKay,[BIO] déclarant que les enseignements liés à l’interdiction remontaient à Joseph Smith et laissant peut-être entendre que le fait qu’Elijah Able[BIO] ait reçu la prêtrise était une exception parce qu’il n’était pas un « nègre de sang pur ».[6]

9 avril 1905

Le président Joseph F. Smith déclare lors de la conférence générale que les personnes « assez malchanceuses pour ne pas être blanches » sont parfois « supérieures à beaucoup de leurs frères blancs vantards ».[7]

1907

Dans un cours de théologie, B. H. Roberts cite l’universitaire William Benjamin Smith[BIO] pour soutenir la limitation de l’égalité sociale entre les personnes noires et blanches afin de réduire les mariages mixtes.[8]

19 avril 1908

« The Negro and the Priesthood », publié par un auteur inconnu dans Liahona: The Elders’ Journal, affirme que Brigham Young enseignait que les Noirs « ne possédaient pas une force spirituelle innée suffisante » pour détenir la prêtrise.[9]

26 août 1908

Le président Joseph F. Smith déclare, lors d’une réunion de la Première Présidence avec les Douze, que toute ordination de Noirs à la prêtrise doit être « considérée comme invalide ».[10]

6 février 1912

Les saints des derniers jours noirs Samuel[BIO] et Amanda Chambers[BIO] auraient demandé à des employés blancs du temple de servir de mandataires lors de baptêmes pour leurs ancêtres et amis décédés.[11]

17 avril 1913

Booker T. Washington[BIO] rapporte que Samuel Chambers[BIO], un saint des derniers jours noir vivant dans l’Utah, lui a dit que les « gens de couleur » sont « bien traités » par l’Église.[12]

1915

William P. Daniels,[BIO] un homme noir sud-africain, aurait appris dans une bénédiction du président Joseph F. Smith que « un jour, peut-être dans la vie à venir », Daniels détiendrait la prêtrise. »[13]

Période de Heber J. Grant et de George Albert Smith (1918-1951)

1921

L’apôtre David O. McKay[BIO] demande une exception à la restriction, et le président Heber J. Grant[BIO] la lui refuse, en déclarant : « Jusqu’à ce que le Seigneur nous donne une révélation à ce sujet, nous devrons maintenir cette politique. »[14]

1924

L’organisation nationale du Ku Klux Klan signale une forte augmentation du nombre de membres dans l’Utah malgré la « puissante opposition » de l’Église.[15]

1931

Dans son livre The Way to Perfection, l’apôtre Joseph Fielding Smith[BIO] attribue l’origine des restrictions de prêtrise visant les saints noirs à Joseph Smith.[16]

14 décembre 1931

Le saint des derniers jours noir William P. Daniels[BIO] est mis à part comme président de la branche de Love en Afrique du Sud, bien qu’il n’ait pas été ordonné à la prêtrise.[17]

25 janvier 1940

À la suggestion du conseiller de la Première Présidence J. Reuben Clark,[BIO] l’Église réexamine la politique concernant l’éligibilité à la prêtrise.[18] La politique de la « goutte de sang unique »[19] est maintenue.[20]

Janvier–juin 1945

L’ancien Harold B. Lee donne une série de conférences à la radio et avance une explication fondée sur la « préexistence » pour l’interdiction de la prêtrise — représentant peut-être la première formulation de cette explication.[21]

1947

Les membres noirs Len[BIO] et Mary Hope[BIO] reçoivent le sacrement chez eux parce qu’on leur a demandé de ne pas assister aux réunions de la branche de Cincinnati, Ohio.[22]

17 juillet 1947

En réponse à une lettre exprimant des inquiétudes du sociologue saint des derniers jours Lowry Nelson,[BIO] le président George Albert Smith[BIO] et ses conseillers donnent une justification de l’interdiction de la prêtrise fondée sur des différences dans la vie prémortelle et attribuent cette politique à Joseph Smith.[23]

9 octobre 1947

Une réunion de la Première Présidence et du Conseil des Douze examine une demande d’O. J. Umondak, du Nigeria, pour que des missionnaires soient envoyés dans son pays.[24]

9 octobre 1947

J. Reuben Clark met en avant des inquiétudes concernant les difficultés à appliquer la restriction de la prêtrise au Brésil[25] et propose que les saints noirs puissent servir dans « l’œuvre des degrés de la Prêtrise d’Aaron ».[26]

3 novembre 1947

Dans une lettre à un étudiant de BYU, David O. McKay dit qu’il ne « connaît aucune autre base » pour cette restriction à part le Livre d’Abraham et qu’il croit que cette restriction « remonte à notre vie prémortelle ».[27]

12 avril 1948

Le conseiller de la Première Présidence J. Reuben Clark recommande que le sang donné aux hôpitaux des saints des derniers jours soit séparé « pour protéger la pureté du sang des membres de cette Église ».[28] À cette époque, la séparation du sang était la politique standard de la Croix-Rouge américaine.[29]

1949

La Première Présidence produit une réponse type aux questions sur la restriction de la prêtrise, à utiliser dans la correspondance personnelle, qui affirme que cette restriction n’est pas une « politique », mais un « commandement direct du Seigneur ».[30]

3 mars 1949

Les dirigeants étudiants de BYU écrivent une lettre au journal étudiant BYU Universe pour protester contre la discrimination raciale.[31]

10 avril 1951

La Première Présidence écrit une lettre pleine de sympathie à Herbert A. Ford,[BIO] un membre noir, en promettant que cette restriction serait supprimée un jour.[32]

Été 1951

Trois apôtres encouragent séparément Abner et Martha Howell, des saints des derniers jours noirs, à entreprendre une « mission » auprès des membres noirs dans différentes villes des États-Unis.[33]

Époque de David O. McKay (1951–1958), déségrégation et discussion

17 juin 1952

Le président de mission en Afrique du Sud, Evan P. Wright[BIO], dit à la Première Présidence qu’ils ont « grand besoin » de dirigeants de la prêtrise en raison des exigences strictes qui refusent l’ordination aux personnes d’ascendance africaine.[34]

31 janvier 1953

Ernest L. Wilkinson déclare que David O. McKay lui a dit que « la relation de l’Église avec les personnes noires était l’un des problèmes les plus urgents auxquels il fallait faire face et qu’il fallait résoudre ».[35]

Janvier 1954

Le président de l’Église David O. McKay supprime en Afrique du Sud l’obligation pour les saints des derniers jours blancs de prouver qu’ils n’avaient pas d’ascendance africaine avant l’ordination à la prêtrise.[36]

Mars 1954

Sterling M. McMurrin[BIO] rapporte qu’en mars 1954,[37] le président David O. McKay lui a dit que la restriction de la prêtrise « est une pratique, pas une doctrine », que « la pratique changera un jour » et qu’« il n’existe pas de telle doctrine » d’une « malédiction divine » sur les Noirs.[38] Cependant, McMurrin a aussi déclaré que McKay a mentionné la Perle de Grand Prix comme un « précédent scripturaire » pour la restriction.[39]

13 mai 1954

Lors d’un séminaire public, Adam S. Bennion[BIO] aurait dit que les dirigeants de l’Église discutaient de la restriction de la prêtrise dans un comité spécial et que le président David O. McKay avait « supplié le Seigneur », mais que le moment n’était pas « venu ».[40]

27 août 1954

À la suite d’une décision historique de la Cour suprême sur la déségrégation, Brown v. Board of Education,[41] l’apôtre Mark E. Petersen condamne le mouvement des droits civiques et défend la politique de l’Église concernant la prêtrise.[42]

vers 1954–56

Le président McKay approuve apparemment les bénédictions du temple auparavant refusées à deux frères et sœurs que l’on pensait avoir une ascendance noire.[43]

1957

Le sociologue catholique Thomas F. O'Dea[BIO] écrit un chapitre sur les « sources de tension et de conflit » dans son livre intitulé Les Mormons, mais ne mentionne pas la restriction de la prêtrise.[44] L'historien de l'Église Leonard Arrington[BIO] écrit à O'Dea au sujet de cette omission.[45]

13 mai 1958

Le président McKay autorise les Fidjiens, le seul groupe de Polynésiens soumis à la restriction, à recevoir l’ordination à la prêtrise.[46]

11 octobre 1958

Joseph Fielding Smith[BIO] dit que les Noirs ne peuvent pas recevoir les bénédictions d’Abraham, d’Isaac et de Jacob dans leur bénédiction patriarcale tant que le Seigneur ne lève pas la restriction.[47]

24 octobre 1958

Harold B. Lee[BIO] aurait promis à deux femmes noires saintes des derniers jours que, si elles restent « vraies et fidèles », alors la « politique de l’Église changera » en ce qui concerne la prêtrise.[48]

1958

Bruce R. McConkie publie la première édition de Mormon Doctrine,[49] qui affirme que les Noirs étaient « moins vaillants » dans la « préexistence ».[50]

Époque de David O. McKay (1959–1968), controverses sur les droits civiques, débuts en Afrique de l’Ouest

1960

John J. Stewart,[BIO] professeur de journalisme à l’Utah State University, publie Le mormonisme et les Noirs, qui défend la restriction de la prêtrise de l’Église.[51]

9 mars 1960

Le professeur d’anthropologie de BYU John L. Sorenson[BIO] tente de répondre aux critiques envers la Première Présidence sur les questions raciales en disant que « la doctrine mormone concernant les Noirs a probablement peu d’effet sur les situations concrètes de discrimination ».[52]

23 mars 1960

Le Daily Universe de BYU rapporte que le président de la NAACP de Salt Lake City, Albert B. Fritz[BIO], a déclaré que la situation des droits civiques à Provo s’était « améliorée », mais qu’elle était « déplorable » il y a seulement quelques années.[53]

10 novembre 1960

Le président de BYU, Ernest L. Wilkinson, rapporte que trois apôtres qui étaient membres du conseil d’administration de BYU[54] « étaient favorables à interdire l’accès à BYU aux étudiants noirs ».[55]

24 février 1961

Le président David O. McKay écrit dans son journal que la « seule raison » de la restriction de la prêtrise se trouve dans le Livre d'Abraham.[56]

Septembre 1961

Dans une lettre adressée aux membres de la Première Présidence Henry D. Moyle[BIO] et Hugh B. Brown,[BIO] Stewart L. Udall,[BIO] un saint des derniers jours mécontent[57] et secrétaire américain à l’Intérieur, appelle l’Église à clarifier sa position à l’égard des Noirs.[58] Dans leur réponse, Moyle et Brown font référence à des idées sur les origines prémortelles de la restriction de la prêtrise et sur le mariage interracial.[59]

Juin 1962

Dans le magazine McCall's, Clare Boothe Luce[BIO] écrit que les opinions du gouverneur saint des derniers jours et défenseur des droits civiques George Romney sur les droits civiques « diffèrent . . . de celles de son Église », qui semble enseigner « que les Noirs ont des âmes inférieures ».[60]

14 juillet 1962

L’apôtre Joseph Fielding Smith conteste la déclaration de Clare Boothe Luce sur les opinions de l’Église concernant les Noirs et dit que ses commentaires sur les prétendues divergences de George Romney reposaient sur une « fausse prémisse ».[61]

11 janvier 1963

LaMar S. Williams[BIO] est mis à part pour commencer une mission au Nigeria.[62] David O. McKay lui dit que des saints noirs masculins dignes pouvaient diriger des groupes de membres et faire passer la Sainte-Cène.[63]

5 mars 1963

Un journal nigérian publie un long article d’Ambrose Chukka[BIO] décrivant l’interdiction de la prêtrise et concluant que les saints des derniers jours « ne doivent pas être autorisés à entrer dans le pays ».[64]

7 juin 1963

The New York Times cite le président Hugh B. Brown[BIO] disant : « Nous sommes en train de mener une étude en vue de la possibilité d’admettre des Noirs », bien que le président Brown ait plus tard contesté l’exactitude de la manière dont ses propos ont été rapportés.[65]

Été 1963

Joseph Fielding Smith aurait dit à Eugene England[BIO] que l’explication de la restriction de la prêtrise fondée sur la « préexistence » n’est « pas clairement énoncée dans les Écritures » et qu’England n’était « pas obligé d’y croire ».[66]

Octobre 1963

Le magazine Look[BIO] publie un article de Jeff Nye, étudiant à l’université de l’Utah[67], qui critique Joseph Fielding Smith et la restriction de la prêtrise.[68] En réponse, la NAACP menace d’organiser une manifestation sur Temple Square à moins que l’Église ne fasse une déclaration.

6 octobre 1963

Lors de la conférence générale, Hugh B. Brown lit une déclaration publique appelant à « l’établissement d’une pleine égalité civile pour tous les enfants de Dieu ».[69]

13 décembre 1963

S’exprimant dans le tabernacle de Logan, dans l’Utah, Ezra Taft Benson[BIO] affirme que le mouvement des droits civiques est une façade « mensongère » pour le communisme.[70]

14 février 1964

Face à une question marquée par des précédents historiques variés,[71] le président David O. McKay approuve la règle selon laquelle les baptêmes pour les morts des Noirs doivent être « effectués par d’autres que des Noirs si cela peut se faire sans offenser ».[72]

1964

Joseph William Billy Johnson[BIO] organise les premières branches des saints des derniers jours au Ghana, bien que sans autorisation de l’Église.[73]

Mars 1965

Après que BYU a accordé des bourses à environ une demi-douzaine d’étudiants nigérians, l’apôtre Harold B. Lee s’oppose au programme de bourses parce qu’il « créait une situation sociale à BYU ».[74]

15 juin 1965

Le président David O. McKay décide que l’Église devrait s’implanter au Nigeria, « malgré le fait de ne pas pouvoir conférer la prêtrise ».[75]

4 novembre 1965

Après des discussions empreintes de prière menées par la Première Présidence et les Douze[76] au sujet de la mission de LaMar Williams pour établir l’Église au Nigeria, il est décidé de le faire rentrer parce que « le moment n’était pas opportun ».[77] Quelques mois plus tard, un coup d’État contre le gouvernement nigérian déclenche une série de conflits qui aboutissent à la guerre civile nigériane.[78]

Août 1966

David L. Brewer[BIO] publie une thèse de doctorat intitulée « Utah Elites and Utah Racial Norms », qui met en évidence une diversité de points de vue dans l’État sur les droits civiques et l’interdiction liée à la prêtrise et au temple.[79]

25 octobre 1966

Dans un discours adressé aux étudiants de BYU, Ezra Taft Benson déclare qu’« il n’y a rien de mal dans les droits civiques — c’est ce qui se fait au nom des droits civiques qui est choquant », en faisant référence à l’implication présumée de Martin Luther King Jr. dans le communisme.[80]

1967–1970

Le pionnier nigérian de l’Église Anthony U. Obinna[BIO] se convertit à l’Église et, sans autorisation, commence à organiser des assemblées de saints des derniers jours.[81]

Mai 1967

Dans une lettre ouverte, Stewart L. Udall, saint des derniers jours et secrétaire américain à l’Intérieur, demande publiquement la suppression de la « restriction actuellement imposée à la fraternité des Noirs ».[82] Spencer W. Kimball et Delbert L. Stapley[BIO] envoient des lettres à Udall pour exprimer leur déception face à son attitude.[83][84]

29 septembre 1967

Lors de la conférence générale, Ezra Taft Benson dénonce le mouvement des droits civiques comme un « outil de tromperie communiste », mais affirme que « nous ne devons pas rejeter la faute sur les Noirs ».[85]

5 avril 1968

Le Deseret News rapporte que le conseiller de la Première Présidence Hugh B. Brown exprime une « profonde tristesse et un grand choc » après l’assassinat de Martin Luther King, Jr.[BIO][86]

Période de David O. McKay (1968-1969), des manifestations visent BYU, déclaration de l’Église sur les droits civiques

13 avril 1968

Les athlètes noirs de l’université du Texas à El Paso sont les premiers de plusieurs établissements universitaires[87] à appeler au boycott des matchs contre BYU.[88]

Novembre 1968

Des étudiants noirs de l’université d’État de San José boycottent les matchs de football de BYU.[89] Des étudiants de BYU débattent de la question dans le Daily Universe.[90][91]

1968–1969

Le président McKay aurait prié à plusieurs reprises pendant cette période au sujet de la possibilité de modifier la restriction de la prêtrise, mais chaque fois, la réponse aurait été « pas encore ».[92]

27 mars 1969

Après une enquête d’un an, le Bureau des droits civiques du ministère de la Santé, de l’Éducation et du Bien-être conclut que BYU est « en conformité avec » la loi sur les droits civiques de 1964.[93]

Mai 1969

Selon le Daily Universe, des étudiants de BYU prévoient des événements pour une « Semaine de la fraternité » afin de mieux faire comprendre les questions raciales et de rendre service à des communautés dans le besoin, mais plus tard, des directives de l’université et de l’Église ont « pratiquement vidé la semaine de sa substance ».[94]

Automne 1969

Un exemplaire en avant-première du livre de Stephen G. Taggart[BIO] de 1970, La politique mormone envers les Noirs, qui examinait les origines de l’interdiction de la prêtrise et appelait à y mettre fin,[95] suscite à ce moment-là plusieurs discussions parmi les conseillers de la Première Présidence.[96]

17 octobre 1969

Le Eugene Register-Guard rapporte que quatorze joueurs de football de l’université du Wyoming à Laramie ont été exclus de leur équipe après avoir révélé leur projet de porter des brassards noirs pour protester contre de prétendues politiques racistes à BYU et dans l’Église.[97] L’incident est rapporté dans Sports Illustrated.[98]

23 octobre 1969

En réponse à l’incident impliquant quatorze joueurs de l’université du Wyoming, The Salt Lake Tribune rapporte que des représentants étudiants de BYU rédigent et soumettent une déclaration sur les droits civiques à l’administration de BYU.[99]

3 novembre 1969

En réponse aux protestations de la Western Athletic Conference (WAC) et aux protestations de plus en plus vives contre BYU,[100] Ernest L. Wilkinson[BIO] a présenté un document[101] qui déclarait que BYU « ne limite en aucune façon l’accès à BYU à quiconque en raison de la couleur de sa peau ».[102]

5 novembre 1969

Lors d’une réunion spéciale du conseil d’administration de BYU,[103] Ernest L. Wilkinson explique que BYU a été qualifiée de « raciste et non chrétienne » par ses critiques[104] et propose de nouvelles politiques concernant les étudiants noirs.[105] Le mois suivant, une nouvelle politique a été adoptée pour recruter des étudiants noirs.[106]

13 novembre 1969

L’université Stanford annonce qu’elle ne programmera pas de futurs événements sportifs avec BYU à cause de la restriction de la prêtrise de l’Église.[107]

30 novembre 1969

Le président de BYU, Ernest L. Wilkinson, note dans son journal qu’il avait un « sentiment très fort » contre l’interdiction de la prêtrise lors d’une réunion avec les présidents des universités de la Western Athletic Conference (WAC).[108]

15 décembre 1969

Après un débat considérable,[109] la Première Présidence publie une lettre[110] à l’intention des dirigeants de l’Église, déclarant soutenir les « pleins droits constitutionnels » des personnes noires[111] et affirmant aussi que la restriction faisait partie d’un plan « remontant à l’état préexistant de l’homme ».[112]

25 décembre 1969

Le Salt Lake Tribune rapporte que le conseiller de la Première Présidence Hugh B. Brown a déclaré que la restriction de la prêtrise « changera dans un avenir pas trop lointain ».[113]

Époques de Joseph Fielding Smith et de Harold B. Lee (1970-1973), fin des manifestations à BYU, début du Groupe Genesis

1970

Le livre de Stephen G. Taggart, Mormonism's Negro Policy, est publié. Il soutient que les restrictions concernant la prêtrise et le temple remontaient à Joseph Smith et ont été déclenchées par des circonstances locales dans le Sud.[114]

Janvier–avril 1970

L’Union des étudiants noirs de l’université de Washington lance une série de manifestations pour demander la rupture des relations avec BYU,[115] mais les manifestations s’apaisent après que le procureur général de l’État de Washington rend un avis favorable à BYU.[116] Des avis similaires sont rendus dans le Wyoming et dans l’Utah, et une plainte contre BYU est rejetée.[117]

vers avril 1970

BYU publie des publicités pleine page dans plusieurs journaux de Washington et de l’Oregon, affirmant que BYU acceptait « toute race, croyance, couleur ou origine nationale ».[118] BYU prépare et distribue une brochure d’information de quatre pages qui explique que l’Église « n’est pas raciste » et que la restriction de la prêtrise sera levée un jour.[119]

8 octobre 1970

Un éditorial du Tucson Daily Citizen rapporte qu’un comité de l’université de l’Arizona qui a enquêté sur BYU a conclu que « BYU n’est pas plus raciste que n’importe quelle autre université » et a recommandé à la WAC que les nouvelles manifestations soient suspendues.[120]

25 novembre 1970

Dans une lettre à la Première Présidence,[121] Caleb A. Shreeve, Sr.[BIO] raconte une prétendue conversation entre Elijah Able[BIO] et Joseph Smith[BIO] dans laquelle la prêtrise d’Able a été retirée.[122]

Décembre 1970

Au Brésil, les missionnaires utilisent des leçons sur la lignée pour enseigner aux convertis potentiels la restriction de la prêtrise et pour déterminer s’il est possible qu’ils soient d’ascendance africaine.[123]

23 mai 1971

Dans son journal, le président Wilkinson note une réunion avec les présidents des universités de la Western Athletic Conference (WAC), où il a été décidé qu’Arizona State ne pouvait pas exclure BYU du calendrier des matchs à cause de la restriction de la prêtrise.[124]

28 mai 1971

Selon Edward Kimball, une politique générale permettant aux saints noirs de recevoir des bénédictions patriarcales est approuvée en 1971.[125]

19 octobre 1971

Le président Joseph Fielding Smith approuve l’organisation du Groupe Genesis, un organisme officiel de l’Église qui apporte du soutien aux saints noirs.[126]

Juillet 1972

Harold B. Lee devient président de l’Église, et des journalistes de Newsweek, Los Angeles Times et d’autres publications spéculent sur la levée de la restriction de la prêtrise.[127]

Printemps 1973

Lester Bush[BIO] publie « Mormonism's Negro Policy » dans Dialogue: A Journal of Mormon Thought, où il soutient que la restriction a commencé avec Brigham Young plutôt qu’avec Joseph Smith.[128]

Fin 1973

Le président de l’Église Harold B. Lee dit que ce n’est « qu’une question de temps avant que les Noirs obtiennent un statut complet dans l’Église ».[129] Il aurait jeûné et prié au sujet de cette restriction et reçu la réponse « pas encore ».[130]

Époque de Spencer W. Kimball (1973 - 9 juin 1978), controverse des Boy Scouts, temple de São Paulo au Brésil, levée de la restriction

1973–1978

Edward L. Kimball[BIO] rapporte que plusieurs membres ont reçu des pressentiments spirituels et des bénédictions personnelles annonçant la fin de l’interdiction de la prêtrise pendant cette période.[131]

30 décembre 1973

Spencer W. Kimball est ordonné président de l’Église.[132] Selon certaines informations, lorsqu’on le lui a demandé, il a dit que le moment n’était pas encore venu de lever la restriction et que « si ce jour vient, ce sera une question de révélation ».[133]

24 juillet 1974

Le Miami News et le New York Times rapportent que la NAACP a l’intention d’intenter un procès aux Boy Scouts à cause d’une politique de l’Église qui discriminait les scouts noirs en désignant les présidents du quorum des diacres comme chefs de patrouille principaux.[134]

Novembre 1974

L’Église change sa politique selon laquelle les présidents du collège des diacres servent comme chefs de patrouille principaux chez les Boy Scouts, et la plainte de la NAACP est rejetée.[135]

1975

Le volume 6 de Messages of the First Presidency de James R. Clark est publié. Aucune des trois déclarations de la Première Présidence concernant la restriction de la prêtrise jusqu’à ce moment-là n’a été incluse dans la compilation.[136]

1er mars 1975

Le temple de São Paulo, au Brésil, est annoncé.[137] Les dirigeants de l’Église reconnaissent le dilemme : beaucoup de saints d’origine africaine au Brésil ne pourraient pas aller au temple selon la politique en vigueur.[138]

3 avril 1976

L’ordination non autorisée à la prêtrise d’un membre noir de l’Église par Douglas A. Wallace[BIO] est relayée au niveau national.[139] L’événement sème la division au sein du groupe Genesis.[140]

Juin 1977

Bruce R. McConkie rapporte que le président Kimball a demandé aux apôtres de lui remettre des notes sur le sujet de la restriction de la prêtrise et du temple[141]

Janvier 1978

L’historien de l’Église Leonard Arrington reçoit une demande confidentielle de Neal A. Maxwell[BIO] pour trouver une citation de Joseph Fielding Smith au sujet des Noirs — Arrington pense que cela indique que Maxwell travaillait sur un mémorandum au sujet de la restriction.[142]

Mars 1978

Selon Edward Kimball, le président de l’Église Spencer W. Kimball va au temple pour prier au sujet de cette restriction et, le 23 mars, il dit à ses conseillers que son impression était « de lever la restriction visant les Noirs ».[143]

20 avril 1978

Le président Kimball aurait demandé « aux Douze de se joindre à la Première Présidence pour prier afin que Dieu leur donne une réponse. Ensuite, il a parlé avec les Douze individuellement. »[144]

4 mai 1978

LeGrand Richards aurait vu le président Wilford Woodruff dans le temple de Salt Lake pendant une discussion sur la restriction de la prêtrise.[145]

1er juin 1978

Le président Kimball dirige la Première Présidence et dix apôtres dans la prière — ils décrivent une confirmation révélatrice pour lever la restriction sur la prêtrise.[146][147]

9 juin 1978

Lors d’une réunion avec toutes les Autorités générales disponibles, une annonce de la levée des restrictions liées au temple et à la prêtrise est donnée à la presse pour être rendue publique.[148]

16 septembre 1978

Le président général de l’École du Dimanche, Russell M. Nelson, fait un rêve dans lequel Harold B. Lee dit qu’il aurait reçu la même révélation sur la prêtrise que Spencer W. Kimball, s’il était resté en vie comme prophète.[149]

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Qu’était l’interdiction concernant la prêtrise et le temple ?

Depuis les débuts de l’Église jusqu’en juin 1978, les saints des derniers jours d’origine africaine n’étaient pas autorisés à détenir la prêtrise ni à participer aux ordonnances du temple.[150]

L’interdiction a été interprétée de manière légèrement différente selon les périodes, avec des exceptions,[151] des niveaux de sévérité variables,[152] et le retrait explicite d’au moins un groupe ethnique de cette interdiction.[153]

L’Église moderne du XXe siècle était-elle raciste ?

Oui. Pendant la plus grande partie du XXe siècle, de nombreux dirigeants de l’Église ont exprimé des idées racistes et ont suivi des pratiques racistes, en particulier envers les personnes d’ascendance africaine.[154]

L’Église était-elle plus raciste que la société américaine de l’époque ?

Probablement pas. En 1966, le sociologue Armand L. Mauss a mené une enquête sur les attitudes « anti-Noirs » des saints des derniers jours et a conclu que, même s’il y avait certaines différences, on n’a trouvé « aucune différence systématique dans les attitudes raciales séculières entre les mormons et les autres, ni entre les mormons orthodoxes et non orthodoxes ».[155]

Photo en noir et blanc de membres de la famille Daniels et de missionnaires posant ensemble, illustrant l’histoire des saints noirs dans l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.
« William Paul Daniels (au centre) a servi fidèlement comme président de la « branche de l’amour » à Mowbray, au Cap, en Afrique du Sud, de 1929 à 1935, même s’il n’avait pas été ordonné à un office de la prêtrise. On voit aussi ici sa femme, Clara (à droite, en blanc), qui a servi comme présidente de la Société de Secours de la branche, et leur fille, Alice (devant à gauche), qui a servi comme secrétaire de la Société de Secours. D’autres personnes sur la photo sont des missionnaires de la mission du Cap » (affichage dans « Saints, vol. 3 », Church History Library)

L’Église a-t-elle déjà pratiqué la ségrégation dans ses assemblées ?

Non, il n’y a jamais eu de politique de ségrégation, mais il y a eu au moins un cas où une famille noire en Ohio a été invitée par ses dirigeants locaux à ne pas assister à l’Église.[156]

Abner Howell, un membre noir de l’Église, se souvenait aussi que l’ancien Stephen L. Richards avait dit que si les saints noirs « ne veulent pas se mêler à nous, nous leur construirons leur propre église, comme nous l’avons fait pour les Espagnols ici », en référence aux assemblées hispanophones dans certains endroits.[157]

L’Église a-t-elle officiellement soutenu la ségrégation en dehors des cadres de l’Église ?

Non. En 1969, la seule déclaration officielle de l’Église sur le sujet disait : « Chaque citoyen doit avoir les mêmes chances et la même protection devant la loi en ce qui concerne les droits civiques . . . Nous n’avons pas de congrégations séparées selon la race. »[158]

Cependant, des dirigeants et des membres de l’Église ont parfois parlé en faveur de la ségrégation.[159][160] Et, comme dans beaucoup d’autres États,[161] la ségrégation dans le logement[162] et dans les lieux publics[163] en Utah a continué de prédominer jusqu’au milieu des années 1960.[164]

Est-il vrai que l’Église a séparé le sang des donneurs noirs à l’hôpital LDS jusqu’en 1953 ?

Oui. Jusqu’au début des années 1950, la Croix-Rouge américaine et d’autres hôpitaux appliquaient couramment la séparation du sang provenant de personnes noires,[165] même si la pensée médicale classique rejetait l’idée qu’il y ait une quelconque différence.[166]

L’hôpital LDS suivait aussi cette pratique, mais peut-être parce qu’on craignait qu’une transfusion de sang provenant d’un donneur noir rende le receveur inéligible à une fonction dans la prêtrise.[167]

Y avait-il une règle interdisant d’enseigner l’Évangile aux Noirs ?

Il n’y avait pas de politique officielle à l’échelle de l’Église interdisant d’enseigner l’Évangile aux Noirs, mais les dirigeants décourageaient souvent, et parfois interdisaient[168], le travail missionnaire visant spécifiquement les populations noires.[169][170]

L’Église enseignait-elle que des esprits moins vaillants dans la « préexistence » étaient assignés à des corps noirs sur la terre ?

Oui. Même si cette idée n’a jamais été une doctrine officielle de l’Église publiée dans des manuels ou enseignée en conférence générale, des dirigeants de l’Église l’ont avancée comme explication à titre personnel et en privé.

Par exemple, en 1947, des déclarations de la Première Présidence faites dans une correspondance privée faisaient référence à des différences prémortelles entre les personnes dans la vie prémortelle comme explication de l’interdiction de la prêtrise.[171] Et en 1958, le livre de Bruce R. McConkie intitulé Mormon Doctrine disait : « Ceux qui ont été moins vaillants dans la préexistence et qui, de ce fait, ont eu certaines restrictions spirituelles imposées pendant leur vie mortelle nous sont connus comme étant les Noirs. »[172]

Cependant, en 1961, le président McKay a noté dans son journal que la « seule raison » de l’interdiction de la prêtrise se trouvait dans le livre d’Abraham.[173] Cependant, l’explication liée à la préexistence a continué d’exister chez certains apôtres[174] et est aussi apparue en termes généraux dans une déclaration de la Première Présidence de 1969.[175]

Est-ce que d’autres universités ont refusé de jouer contre les équipes sportives de BYU à cause de l’interdiction de la prêtrise ?

Oui. En avril 1968, des athlètes noirs de l’université du Texas à El Paso ont été les premiers de plusieurs établissements à appeler au boycott des matchs contre BYU.[176] BYU a répondu en publiant une déclaration lors de la réunion de la Western Athletic Conference en novembre 1969, affirmant qu’il n’y avait pas de politique de discrimination raciale à BYU.[177]

Est-ce que quelque chose a changé à la suite des manifestations contre BYU en 1968–69 ?

Oui. La direction de BYU a réexaminé et publié sa position sur les minorités et les droits civiques,[178] l’Université de l’Arizona a publié les résultats de son enquête sur le racisme à BYU,[179] et le Bureau des droits civiques a publié une déclaration d’examen sur la conformité de BYU à la loi de 1964 sur les droits civiques.[180]

L’Église a-t-elle déjà fait des déclarations liées à la législation sur les droits civiques ?

Oui. Le 15 décembre 1969, Hugh B. Brown[BIO] et N. Eldon Tanner,[BIO] le premier et le deuxième conseiller de la Première Présidence, ont signé une déclaration soutenant les pleins droits civiques pour tous les citoyens.[181]

Pourquoi le président McKay n’a-t-il pas signé la déclaration sur les droits civiques ?

À cette époque, le président McKay était en mauvaise santé, et les dirigeants de l’Église avaient décidé qu’il serait dispensé de signer, au nom de la Première Présidence, toute la « correspondance » ; la déclaration a donc été signée par ses deux conseillers.[182]

L’Église a-t-elle dit en 1969 que l’interdiction de la prêtrise serait bientôt levée ?

L’édition du 25 décembre 1969 du The Salt Lake Tribune a rapporté que Hugh B. Brown, qui était le premier conseiller dans la Première Présidence, avait dit que l’interdiction de la prêtrise « changera dans un avenir pas trop lointain ».[183] Brown n’a rien dit de plus sur ce sujet avant la mort du président McKay en janvier.[184]

Qu’est-ce que le groupe Genesis et comment a-t-il commencé ?

Le groupe Genesis est un organisme officiel de l’Église qui apporte du soutien aux membres noirs de l’Église et se réunit au moins une fois par mois depuis de nombreuses années.[185][186]

Le groupe Genesis a été organisé le 19 octobre 1971, à la demande des saints des derniers jours noirs Ruffin Bridgeforth,[BIO] Darius Gray,[BIO] et Eugene Orr.[BIO][187]

Sur une photographie en noir et blanc, Darius Gray, conseiller d’origine dans la présidence du Groupe Genesis des saints des derniers jours, une organisation pour les membres afro-américains de l’Église, prend la parole lors de leur première réunion en 1971, avec une image de Jésus-Christ sur le mur derrière lui.
Darius Gray, l’un des premiers membres de la présidence du Groupe Gensis, prend la parole lors de leur première réunion en 1971.

L’interdiction de la prêtrise et du temple était-elle une politique ou reposait-elle sur une doctrine ?

Les dirigeants de l’Église ont constamment enseigné que la restriction reposait sur la « doctrine »,[188] mais en mars 1954, David O. McKay aurait dit que la restriction n’était « pas une question de doctrine. C’est simplement une pratique ».[189] Cependant, il aurait aussi dit qu’il y avait un « précédent scripturaire » pour cette politique et qu’un changement nécessiterait une révélation.[190]

De plus, en 1973, Spencer W. Kimball a dit : « Nous sommes sous la direction de notre Père céleste, et ce n’est pas ma politique ni celle de l’Église. »[191]

Documents du XXe siècle de la Première Présidence concernant l’interdiction liée à la prêtrise et au temple

Date

Document

Commentaires

17 juillet 1947

Lettre privée à Lowry Nelson[BIO]

La Première Présidence défend et explique la restriction en fonction d’événements et de doctrines liés à la vie prémortelle.[192]

1949

Correspondance privée

La Première Présidence utilise un langage similaire au sujet de la vie prémortelle, comme elle l’avait fait en 1947, tout en ajoutant des déclarations de Brigham Young et Wilford Woodruff.[193]

17 août 1951

Correspondance privée

Cette version développée de la lettre de 1949 ajoute « quelques faits connus » sur la prémortalité.[194]

6 octobre 1963

Déclaration officielle et publique

La déclaration ne fait pas référence à l’interdiction de la prêtrise, mais appelle à « l’établissement d’une pleine égalité civile pour tous les enfants de Dieu ».[195]

15 décembre 1969

Déclaration officielle et publique

La déclaration plaide en faveur des « droits civiques et des privilèges constitutionnels » pour tous, fait référence à la préexistence,[196] mais dit que les raisons de la restriction de la prêtrise ne sont pas « pleinement connues de l’homme ».[197][198]

8 juin 1978

Déclaration officielle 2

La déclaration lève l’interdiction sans explication, sauf pour dire que la décision de le faire a été confirmée « par révélation ».[199]

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Est-ce que certains présidents de l’Église auraient prié au sujet de la levée de l’interdiction de la prêtrise et auraient reçu de Dieu la réponse de ne pas le faire ?

Oui, bien qu’il n’existe aucun témoignage de première main, sauf de la part du président Kimball.[200] (Voir le tableau ci-dessous.)

Récits de présidents de l’Église cherchant une révélation au sujet de l’interdiction de la prêtrise

Date

Président

Récit

1954

David O. McKay

L’historien de l’Église Leonard J. Arrington[BIO] a entendu l’ancien Adam S. Bennion[BIO] dire que, pendant que le président McKay avait étudié et discuté de l’interdiction avec les Douze au cours des mois précédents, il avait « supplié le Seigneur », mais qu’on lui avait dit que le moment n’était « pas encore venu ».[201]

Années 1960

David O. McKay

L’historien Gregory Prince[BIO] a rapporté que la belle-fille du président McKay a dit qu’elle pensait que « le moment est venu d’avoir une nouvelle révélation ». Le président McKay a répondu : « Moi aussi. »[202]

Années 1960

David O. McKay

L’historien Gregory Prince a rapporté qu’une secrétaire du bureau du président McKay l’avait entendu dire qu’il avait « demandé au Seigneur plusieurs fois », mais qu’on lui avait répondu « pas encore ».[203]

fin des années 1960

David O. McKay

Le président McKay aurait dit à l’ancien Marion D. Hanks : « J’ai prié, prié et prié, mais il n’y a pas eu de réponse. »[204]

1968–1969

David O. McKay

Richard Jackson,[BIO] un architecte de l’Église, s’est souvenu que David O. McKay avait dit qu’après avoir récemment prié au sujet de l’interdiction, le Seigneur lui avait finalement dit de « laisser le sujet de côté ».[205]

1972–1973

Harold B. Lee

L’historien de l’Église Leonard J. Arrington a appris que le président Lee avait passé « trois jours et trois nuits à jeûner dans la chambre haute du temple . . . mais la seule réponse qu’il a reçue a été “pas encore”. »[206]

1961–1976

Spencer W. Kimball

Le président Spencer W. Kimball a déclaré qu’il avait « prié à ce sujet pendant quinze ans sans recevoir de réponse ».[207]

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Le président Kimball a-t-il laissé entendre que la restriction serait levée quand il est devenu président de l’Église ?

Peu après être devenu président de l’Église, il a dit qu’il y avait consacré « beaucoup de réflexion et de prière » — que « le jour viendrait peut-être où [les hommes noirs] recevraient la prêtrise, mais ce jour n’est pas encore venu. Si ce jour vient, ce sera une question de révélation. »[208]

Pourquoi la révélation n’a-t-elle pas été reçue plus tôt ?

Ce n’est pas clair. Le président Kimball a reconnu que la question avait été présentée à plusieurs reprises aux présidents précédents de l’Église,[209] mais n’a donné aucune raison pour ce retard, si ce n’est que cela devait venir quand le Seigneur le voudrait, « et pas avant ».[210]

L’interdiction a-t-elle changé à cause de la pression sociale ?

Oui, c’était probablement un facteur.[211][212] Par exemple, en 1969 et 1970, plusieurs écoles ont boycotté les équipes sportives de BYU à cause de la restriction de la prêtrise,[213] et en 1970, l’IRS a annoncé que le statut d’exonération fiscale des écoles privées serait révoqué en fonction de leurs politiques raciales.[214]

Cependant, selon Edward Kimball, professeur émérite de droit à BYU[BIO], en 1978, « la pression extérieure était la plus faible qu’elle ait été depuis des années ».[215]

Est-ce que l’interdiction a changé parce que l’Église a construit un temple au Brésil, où vivaient beaucoup de membres d’origine africaine ?

Oui, c’était probablement un facteur.[216] Le Brésil était connu comme le « pays de la démocratie raciale »[217] et comptait des millions de descendants d’Africains réduits en esclavage qui avaient eu des enfants avec des colons européens, ce qui, selon J. Reuben Clark, rendait « très difficile, voire impossible » de déterminer la lignée généalogique au Brésil.[218]

Les dirigeants de l’Église ont constaté que des Afro-Brésiliens contribuaient au temple de São Paulo ; cependant, la règle était d’interdire l’entrée aux Brésiliens ayant une ascendance africaine.[219]

L’Église a-t-elle donné une explication officielle de la raison pour laquelle l’interdiction a été mise en place ?

En quelque sorte. Même s’il n’y a jamais eu de déclaration officielle de l’Église entière donnant une explication, des dirigeants de l’Église ont répondu individuellement à des questions par écrit, sur du papier à en-tête officiel de l’Église, avec des explications de l’interdiction.[220]

La seule déclaration publique officielle sur l’interdiction avant sa levée date de 1969, mais elle n’a donné aucune explication, sauf pour dire qu’elle « remont[ait] à l’état préexistant de l’homme ».[221]

En 2013, l’Église a publié un essai qui rejetait les « théories avancées dans le passé » au sujet de cette restriction, mais il ne donnait pas non plus d’explication officielle.[222]

L’Église ne devrait-elle pas savoir cela ?

Probablement.

Que pensent la plupart des saints des derniers jours de la restriction de la prêtrise ?

Il existe très peu de données sur ce sujet, mais un sondage de 2016 a indiqué que 4 membres de l’Église sur 5 croyaient que l’interdiction venait de Dieu.[223]

Tableau simplifié des positions liées à la restriction de la prêtrise

Théories liées à la restriction de la prêtrise

Théories concernant l’implication de Dieu

Implication

Les dirigeants de l’Église ont mis en place cette restriction à cause de traditions racistes, et il n’y avait aucune révélation ni doctrine authentique pour la justifier.[224]

Dieu a corrigé cela en 1978.

  • La restriction ne venait pas de Dieu.

  • Dieu a permis à son Église de maintenir cette politique erronée pendant plus d’un siècle.

  • Dieu permet aux prophètes de maintenir des pratiques injustes et d’enseigner à son peuple des principes erronés.

Dieu a maintenu cela comme une punition jusqu’en 1978.[225]

Dieu n’a pas été impliqué dans la mise en place ni dans la suppression de la restriction.

La restriction a été inspirée par Dieu comme une pratique temporaire dans un but sage.[226][227]

Dieu a inspiré la mise en place[228] et la suppression de la restriction.[229][230]

  • La restriction venait de Dieu.[231]

  • Dieu impose des épreuves difficiles et douloureuses à son peuple.[232]

  • Dieu a des plans différents pour différents peuples à différentes époques, pour ses propres raisons.[233]

Que savons-nous sur la manière dont la révélation de 1978 a été reçue ?

Il semble que chaque personne présente ait reçu une confirmation spirituelle personnelle pendant la prière (voir le tableau ci-dessous). L’ancien McConkie a dit que ces confirmations étaient importantes parce que « le Seigneur voulait des témoins indépendants qui puissent attester que la chose s’était produite ».[234]

Commentaires de la Première Présidence et des apôtres sur la révélation de 1978

Source

Commentaires

Spencer W. Kimball[BIO]

« J’ai ressenti là un esprit bouleversant, un flot soudain d’unité comme nous n’en avions jamais connu auparavant. »[235]

Le président Kimball aurait aussi rédigé le récit suivant en 1980 : « La voix de Dieu, donnée par le pouvoir de son Esprit, “la voix douce et légère, qui murmure et pénètre toutes choses” (Doctrine et Alliances 85:6), a manifesté que la Sainte prêtrise, toutes les bénédictions du temple, y compris le mariage céleste, ainsi que toutes les obligations qui s’y rattachent, devaient désormais être offertes, sur la seule base de la dignité personnelle, à tous les hommes de toute race et de toute couleur. En cette occasion sacrée, semblable à certains jours de Pentecôte d’autrefois, chacun des témoins apostoliques alors présents en vint à connaître la pensée et la volonté du Seigneur concernant le salut et l’exaltation de myriades de ses enfants mortels. »[236][237]

Marion G. Romney[BIO]

« Je ne me contente pas de soutenir cette décision. J’en suis un défenseur. »[238]

N. Eldon Tanner[BIO]

Les événements entourant la révélation ne sont pas décrits dans la biographie de Tanner, mais lors de la conférence suivante, le président Kimball l’a désigné pour présenter la Déclaration officielle 2 en vue d’un vote de soutien.[239]

Ezra Taft Benson[BIO]

« Après la prière, nous avons ressenti l’esprit d’unité et de conviction le plus doux que j’aie jamais ressenti. »[240]

Mark E. Petersen[BIO]

Petersen, qui était en mission en Amérique du Sud au moment de la prière confirmant la révélation sur la prêtrise, a dit : « J’étais ravi d’apprendre qu’une nouvelle révélation était venue du Seigneur. »[241]

Delbert L. Stapley[BIO]

Stapley, qui était hospitalisé au moment de la prière confirmant la révélation sur la prêtrise, a soutenu la décision en disant : « Je suivrai les Frères sur ce point. »[242]

LeGrand Richards[BIO]

Richards, qui avait auparavant déclaré avoir vu Wilford Woodruff dans la pièce lors d’une discussion sur la restriction de la prêtrise,[243] a dit que, dans un cercle de prière, ils ont prié « afin que le Seigneur nous donne l’inspiration dont nous avions besoin pour faire ce qui lui serait agréable et pour la bénédiction de ses enfants ».[244]

Howard W. Hunter[BIO]

« Témoignage puissant de l’Esprit . . . cela a confirmé l’origine divine de la révélation. »[245]

Gordon B. Hinckley[BIO]

« C’était merveilleux, très personnel, et cela apportait une grande unité et la ferme conviction que ce changement était une révélation de Dieu. »[246]

Thomas S. Monson[BIO]

« C’était une grande source de réconfort pour les Frères d’entendre les supplications humbles [du président Kimball] alors qu’il cherchait des directives dans son noble appel. »[247]

« Nous savions tous et ressentions tous que c’était le moment. »[248]

Boyd K. Packer[BIO]

« Pendant la prière, toutes les personnes présentes ont pris conscience de la décision qui devait être prise. »[249]

Marvin J. Ashton[BIO]

« L’impression spirituelle la plus intense que j’aie jamais ressentie. »[250]

Bruce R. McConkie[BIO]

« C’est pendant cette prière que la révélation est venue. L’Esprit du Seigneur s’est puissamment reposé sur nous tous. »[251]

L. Tom Perry[BIO]

« Pendant qu’il priait, nous avons vécu une expérience merveilleuse. Nous avons ressenti une grande unité. La meilleure façon de la décrire, c’est de dire que c’était très semblable à ce qui a été raconté au sujet de la dédicace du temple de Kirtland. J’ai ressenti quelque chose comme un bruit de vent impétueux. »[252]

« Nous n’étions pas seuls. »[253]

David B. Haight[BIO]

« L’Esprit a touché le cœur de chacun de nous avec le même message, de la même manière. Chacun a été témoin d’un événement céleste transcendant. »[254]

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Quelqu’un s’est-il opposé à la levée de la restriction en 1978 ?

Le président Kimball aurait reçu environ 30 lettres de plainte, « presque toutes de non-mormons », le traitant d’« imposteur » ou de « traître à sa race ».[255] Le Salt Lake Tribune a publié une déclaration de Joseph LaMoine Jenson, représentant les Frères unis apostoliques, qui condamnait l’Église pour avoir levé la restriction de la prêtrise.[BIO][256][257]

Comment les membres de l’Église ont-ils généralement réagi à la levée de la restriction ?

D’après les récits, les membres du monde entier ont réagi de façon presque unanimement positive.[258] « J’ai crié de joie », a dit Monroe Fleming,[BIO] un habitant noir de Salt Lake City et membre de l’Église depuis 1956.[259]

Après l’annonce, quand les saints noirs ont-ils commencé à recevoir la prêtrise ?

Les ordinations ont commencé presque immédiatement après l’annonce, le 8 juin 1978, de la révélation.[260] Joseph Freeman, Jr.[BIO] serait devenu le premier homme noir à recevoir la Prêtrise de Melchisédek à l’époque moderne,[261] et le président du Genesis Group, Ruffin Bridgeforth,[BIO] a peut-être été le premier à être ordonné grand prêtre.[262]

The Facts

  • De 1947 à 1951, la Première Présidence a écrit plusieurs lettres privées contenant des explications sur la restriction de la prêtrise, en citant des raisons liées à l’existence prémortelle.

  • La seule déclaration publique officielle de l’Église sur la restriction de la prêtrise avant sa levée date de 1969, et disait que cette restriction faisait partie d’un plan établi avant la vie mortelle.

  • L’Église n’a jamais publié d’explication officielle pour la restriction de la prêtrise.

  • David O. McKay et Harold B. Lee auraient reçu des révélations indiquant que la restriction ne devait pas encore être levée.

  • En 1978, Spencer W. Kimball a reçu la révélation de lever l’interdiction de la prêtrise.

Our Take

Les expériences des saints noirs, les décisions des dirigeants de l’Église et la culture dominante de l’Église au cours du XXe siècle peuvent être profondément troublantes, surtout quand on les interprète à travers le prisme du XXIe siècle. Pourquoi l’Église de Dieu a-t-elle mis à l’écart beaucoup de ses enfants par la restriction de la prêtrise ? Quelles étaient les origines de cette discrimination, et pourquoi a-t-elle duré ? Et qu’est-ce qui a amené le changement en 1978 qui a conduit à la levée de « l’interdiction » ?

Pendant une grande partie du XXe siècle, les dirigeants de l’Église ont diffusé des idées empreintes de préjugés envers les personnes noires. Même si certains de ces sentiments reflétaient peut-être des opinions plus larges de la société américaine, cela ne dégage pas les dirigeants de l’Église de leur responsabilité pour leurs points de vue et leurs actions racialement biaisés envers les personnes d’origine africaine.

Les documents historiques et les déclarations officielles de l’Église ne donnent qu’un éclairage limité sur le moment exact ou la manière dont l’interdiction a été mise en place, ni sur la question de savoir si elle a été introduite comme une révélation divine. Cependant, il existe de nombreux témoignages de prophètes et d’apôtres modernes affirmant que l’interdiction a été levée par révélation.

Il est encourageant pour les membres actuels de savoir que l’Église dénonce fermement le racisme aujourd’hui. Pourtant, il reste un espoir collectif constant d’une meilleure compréhension et d’une guérison concernant ces questions du passé. En attendant, c’est notre devoir de nous familiariser avec cette histoire, en cherchant continuellement à vivre les enseignements de l’Évangile et à aimer et respecter tous les enfants de Dieu.

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