Le témoignage de B. H. Roberts

Brigham Henry Roberts était une Autorité générale de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, historien et défenseur de la foi. Il a écrit des dizaines de livres et d’articles examinant l’histoire, les Écritures et la théologie de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. En janvier 1922, il a présenté aux dirigeants de l’Église des recherches privées qu’il avait entreprises à la demande d’une personne en quête de réponses et qui exposaient des difficultés ou des problèmes concernant l’historicité du Livre de Mormon. Ces études sont restées inédites jusqu’à bien après la mort de Roberts, et certains se sont demandé si elles prouvaient que Roberts avait perdu sa foi dans le Livre de Mormon. Cette questions-réponses examine l’histoire entourant les études de Roberts sur le Livre de Mormon en 1922 et ses croyances personnelles pendant la dernière décennie de sa vie.

Un portrait photographique de Brigham Henry (B. H.) Roberts, assis pour étudier quelques livres à la fin des années 1800.
Portrait de Brigham Henry Roberts (fin des années 1800).

Chronologie des études de B. H. Roberts sur le Livre de Mormon et de son témoignage

Les origines des études de B. H. Roberts sur le Livre de Mormon (1921-1922)

Été 1921

James F. Couch,[BIO] qui n’était pas membre de l’Église, écrit à son ami saint des derniers jours William E. Riter[BIO] pour lui poser des questions sur l’historicité du Livre de Mormon.[1]

22 août 1921

Riter transmet la lettre de Couch à l’apôtre James E. Talmage.[BIO][2]

Début novembre 1921

James E. Talmage transmet les questions de Couch à B. H. Roberts.[BIO][3]

11 novembre 1921

George W. Middleton,[BIO] un chirurgien saint des derniers jours, apporte des réponses aux questions de Couch.[4]

3 décembre 1921

Ralph V. Chamberlin,[BIO] un scientifique saint des derniers jours, répond aux questions de Couch.[5]

20 décembre 1921

William E. Riter écrit à B. H. Roberts pour lui demander s’il pourrait répondre aux questions de Couch.[6]

28 décembre 1921

Roberts écrit à Riter pour l’informer qu’il entreprend une étude des questions de Couch.[7]

29 décembre 1921

Roberts écrit à la Première Présidence et au Collège des Douze pour les informer des questions de Couch et leur fournit une copie manuscrite de son étude sur les problèmes.[8] Il déclare qu’il a trouvé ces questions difficiles à répondre et souligne le besoin d’une étude plus approfondie.[9]

4–5 janvier 1922

Des membres de la Première Présidence et du Collège des Douze rencontrent Roberts pour discuter de ses études.[10] Un comité apostolique est nommé par le président Heber J. Grant[BIO] pour aider Roberts à traiter les questions soulevées dans les questions de Couch au sujet du Livre de Mormon.[11]

9 janvier 1922

Dans une lettre au président Grant, Roberts exprime sa déception face au résultat de la réunion, mais déclare qu’il continuera à travailler sur les difficultés du Livre de Mormon en espérant qu’il sera « réhabilité ».[12]

26 janvier 1922

B. H. Roberts rencontre des dirigeants de l’Église pour continuer les discussions sur le Livre de Mormon.[13]

2 février 1922

Les membres du comité James E. Talmage, Anthony W. Ivins,[BIO] et John A. Widtsoe[BIO] rencontrent Roberts pour poursuivre les discussions liées à ses études sur le Livre de Mormon.[14]

6 février 1922

Roberts répond à Riter avec des réponses aux questions de Couch.[15]

27 février 1922

Riter répond à Roberts en le remerciant pour ses réponses aux questions de Couch.[16]

12–14 avril 1922

Les dirigeants de l’Église demandent à Roberts de choisir entre le poste de rédacteur au Deseret News ou celui de président de la mission des États de l’Est.[17] Il choisit le second.[18]

28 avril 1922

James E. Talmage rencontre un petit groupe chez James H. Moyle[BIO] pour poursuivre les discussions sur les difficultés liées au Livre de Mormon.[19]

vers décembre 1921-mai 1922

B. H. Roberts écrit un manuscrit intitulé « A Book of Mormon Study » qui examinait l’argument selon lequel Joseph Smith avait été influencé par le livre d’Ethan Smith, View of the Hebrews.[20][21]

B. H. Roberts en tant que président de la mission des États de l’Est (1922–1927)

29 mai 1922

Roberts commence son service comme président de la mission des États de l’Est.[22]

Octobre 1922

Roberts cite le Livre de Mormon lors de la conférence générale comme contenant d’anciennes prophéties accomplies.[23]

1923

Roberts écrit les brochures missionnaires The Lord Hath Spoken et Why "Mormonism", qui enseignent l’historicité et l’inspiration du Livre de Mormon.[24]

4 mars 1923

Heber J. Grant écrit à Roberts pour lui exprimer son « amour et sa confiance » envers lui pour son service missionnaire et son rôle de « principal défenseur de la foi ».[25]

15 mars 1923

Roberts écrit au président Heber J. Grant et aux membres du Collège des douze apôtres pour affirmer que sa foi dans le Livre de Mormon est « inébranlable » et explique l’intention derrière son manuscrit « Book of Mormon Study ».[26]

Avril 1923

Roberts cite le Livre de Mormon dans la conférence générale pour défendre la divinité du Christ.[27]

Septembre 1923

Roberts participe à la célébration du centenaire de la révélation des plaques du Livre de Mormon par Moroni à Joseph Smith à la colline de Cumorah, à Palmyra, dans l’État de New York.[28]

Octobre 1923

Roberts cite le Livre de Mormon lors de la conférence générale, en affirmant sa vérité et son inspiration.[29]

1924

Roberts prononce une allocution radiophonique où il qualifie le Livre de Mormon de « volume américain d’Écritures », d’« origine israélite » et de nouveau témoin de Dieu.[30]

Janvier 1924

Roberts publie un article sur le témoignage du Christ dans le Livre de Mormon dans l’Improvement Era.[31]

Février 1924

Roberts publie un article dans l’Improvement Era décrivant la destruction des peuples du Livre de Mormon et ses enseignements prophétiques sur l’Amérique.[32]

Avril 1924

Roberts cite le Livre de Mormon dans la conférence générale pour défendre la divinité du Christ.[33]

7 juin 1925

Roberts prononce un discours lors d’une conférence de l’Église dans lequel il appelle le Livre de Mormon des « annales anciennes ».[34]

Octobre 1925

Roberts cite le Livre de Mormon lors de la conférence générale au sujet de l’existence prémortelle de Jésus-Christ.[35]

Octobre 1926

Roberts qualifie le Livre de Mormon de « traduction » inspirée lors de la conférence générale.[36]

1927

Roberts publie une nouvelle édition de son livre Outlines of Ecclesiastical History, qui contient une section sur la disparition des Néphites dans le Livre de Mormon et sur la parution des annales dans le récit traditionnel donné par Joseph Smith.[37]

Février 1927

Roberts publie une troisième édition de sa série Nouveaux témoins pour Dieu, qui défend l’authenticité, l’historicité et l’inspiration du Livre de Mormon.[38]

Février 1927

Roberts écrit un traité dans les pages du magazine Redeemed Hebrew sur le Livre de Mormon comme témoignage du Christ.[39]

Avril 1927

Roberts qualifie le Livre de Mormon de « traduction » lors de la conférence générale et le cite pour défendre la divinité du Christ.[40]

2 avril 1927

Roberts est libéré de sa responsabilité de président de la mission des États de l’Est.[41]

Les dernières années de B. H. Roberts (1927–1933)

8 avril 1927

Roberts exprime son désir de rester à New York pour écrire un livre sur les preuves en faveur du Livre de Mormon. La Première Présidence approuve sa demande.[42]

22 septembre 1927

Roberts participe à la commémoration du centenaire de la visite de Moroni à Joseph Smith et de la remise des plaques d’or lors d’un rassemblement tenu à la colline de Cumorah.[43]

Vers octobre 1927

B. H. Roberts prépare un manuscrit intitulé « A Parallel » dans lequel il résume les points développés dans son œuvre antérieure « A Book of Mormon Study ».[44]

24 octobre 1927

Roberts écrit à l’apôtre Richard R. Lyman[BIO] en joignant une copie de « A Parallel » et explique que le but du manuscrit est de présenter un argument possible que des critiques pourraient avancer contre le Livre de Mormon.[45]

18 décembre 1927

Roberts prononce un discours dans le tabernacle où il affirme l’historicité et l’inspiration du Livre de Mormon.[46]

Vers 1927-1928

Dans son grand œuvre inédit intitulé La vérité, la voie, la vie, Roberts affirme à plusieurs reprises l’historicité du Livre de Mormon.[47]

1928

Roberts publie une nouvelle édition de « Mormonisme » : Son origine et son histoire, dans laquelle il affirme l’inspiration du Livre de Mormon.[48]

3 mars 1928

Roberts publie un article dans le Deseret News sur la destruction de l’« ancien peuple néphite » à la colline de Cumorah.[49]

Avril 1928

Roberts parle de l’importance du Livre de Mormon lors de la conférence générale.[50]

Mai 1928

Roberts parle du Livre de Mormon comme d’une « révélation » dans un article de l’Improvement Era.[51]

Juin 1928

Roberts loue les enseignements du Livre de Mormon comme un « coup de maître philosophique » dans les pages du Deseret News.[52]

9 septembre 1928

Roberts prononce un discours dans le tabernacle dans lequel il affirme sa croyance dans la description, par le Livre de Mormon, de la venue de Jésus auprès des habitants de l’Amérique ancienne.[53]

Octobre 1928

Lors de la conférence générale, Roberts fait un sermon sur la parution du Livre de Mormon.[54]

5 février 1929

Roberts publie un article sur l’origine divine du Livre de Mormon.[55]

avril 1929

Roberts prend la parole lors de la conférence générale et déclare qu’il « existe des preuves d’inspiration dans [la Doctrine et Alliances] égales à celles du Livre de Mormon ».[56]

1930

Roberts publie A Comprehensive History of the Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, dans laquelle il présente et défend le récit de Joseph Smith sur la parution du Livre de Mormon.[57]

Avril 1930

Roberts parle de l’authenticité et de l’inspiration du Livre de Mormon lors de la conférence générale du centenaire de l’organisation de l’Église.[58]

Août 1930

Roberts commence à écrire une chronique dans le Deseret News intitulée « Pensées sur la nouvelle dispensation », dans laquelle, à différents moments, il affirme l’inspiration et la vérité du Livre de Mormon et de ses enseignements.[59]

20 décembre 1930

Roberts écrit sur des prophéties accomplies dans le Livre de Mormon concernant la naissance du Christ.[60]

1931

Roberts republie une deuxième édition de The Seventy's Course in Theology et les premières éditions de The Falling of Away et Rasha—The Jew, qui utilisent le Livre de Mormon pour appuyer différents thèmes dans ces livres.[61]

11 janvier 1931

Roberts parle à un pieu à Alpine, dans l’Utah, où il raconte de nouveau son expérience de sa rencontre avec David Whitmer.[62]

23–24 janvier 1931

Roberts rend son témoignage lors d’une réunion de pieu à Palmyra, dans l’État de New York.[63]

Novembre 1931

Roberts répond à d’autres questions sur le Livre de Mormon dans des correspondances privées.[64]

24 janvier 1932

Roberts affirme sa croyance en l’inspiration du Livre de Mormon et de Joseph Smith dans un discours prononcé au tabernacle.[65]

4 avril 1931

Dans un message de Pâques, Roberts parle du Livre de Mormon comme d’un témoignage de la résurrection du Christ.[66]

24 janvier 1932

Roberts raconte de nouveau sa rencontre avec David Whitmer lors d’une conférence de pieu en Utah et réaffirme son témoignage.[67]

14–15 mars 1932

Roberts écrit des lettres privées expliquant que ses études sur les « difficultés » du Livre de Mormon, faites dans les années 1920, étaient « terribles » et n’ont jamais été destinées à être publiées.[68]

23–24 avril 1932

Roberts parle lors d’une conférence de pieu à San Francisco, où il réaffirme son témoignage de Joseph Smith et du Livre de Mormon.[69]

Décembre 1932

Roberts rend témoignage de Joseph Smith dans un article publié dans l’Improvement Era—il dit qu’il croit que Joseph était un prophète « sans réserve ».[70]

1932–1933

Roberts donne une série de conférences où il affirme sa foi dans le Rétablissement et le Livre de Mormon.[71]

19 mars 1933

Roberts cite des prophéties du Livre de Mormon lors d’une conférence de pieu en Utah.[72]

Avril 1933

Roberts cite des prophéties dans le Livre de Mormon lors de la dernière conférence générale où il prend la parole avant sa mort.[73]

18 juin 1933

Roberts prononce un discours dans le tabernacle dans lequel il affirme l’inspiration de Joseph Smith et l’ancienneté des Écritures qu’il a produites.[74]

7 août 1933

Wesley P. Lloyd[BIO] rencontre B. H. Roberts. Selon Lloyd, Roberts pensait que le Livre de Mormon « avait besoin de plus de soutien » et que la Doctrine et Alliances était la preuve la plus forte de la divinité de Joseph Smith.[75]

1er septembre 1933

Selon un ancien missionnaire à lui, Roberts nie qu’Ethan Smith ait eu quoi que ce soit à voir avec la rédaction du Livre de Mormon.[76]

27 septembre 1933

Roberts meurt de complications liées au diabète.[77]

Les études de B. H. Roberts sur le Livre de Mormon après sa mort (1933–1986)

Vers la fin des années 1920 jusqu’aux années 1930

Des copies du manuscrit de Roberts, « A Parallel », commencent à circuler en privé.[78]

22 juillet 1939

Le fils de B. H. Roberts, Ben E. Roberts,[BIO] écrit une lettre à Ariel L. Crowley[BIO] pour nier les rumeurs selon lesquelles son père avait perdu son témoignage.[79]

10 octobre 1946

Ben E. Roberts s’adresse à une petite réunion de personnes et parle des études inédites de son père sur le Livre de Mormon.[80]

Janvier 1956

Le manuscrit de Roberts, « A Parallel », est publié pour la première fois.[81]

1961

Joseph Fielding Smith[BIO] reconnaît l’existence des études inédites de Roberts sur le Livre de Mormon, mais dit que les manuscrits sont dans la famille Roberts, pas dans les archives de l’Église.[82]

1967–1973

H. Grant Ivins,[BIO] fils d’Anthony W. Ivins, correspond avec des descendants de B. H. Roberts dans le but de faire publier les manuscrits des études de Roberts sur le Livre de Mormon.[83]

1979

Jerald[BIO] et Sandra Tanner[BIO] publient une réimpression en fac-similé photographique du manuscrit « A Book of Mormon Study » de Roberts.[84]

1980

Les Tanner publient des réimpressions en fac-similé photographique des manuscrits de Roberts « Book of Mormon Difficulties » et « A Parallel ».[85]

1985

The University of Illinois Press publie une édition universitaire des manuscrits de Roberts.[86]

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B. H. Roberts a-t-il perdu son témoignage plus tard dans sa vie ?

Non, probablement pas. Jusqu’à sa mort, B. H. Roberts a affirmé de façon constante sa croyance en l’Évangile rétabli, l’Église et le Livre de Mormon.[87]

Pourquoi certaines personnes pensent-elles qu’il a peut-être perdu son témoignage ?

Au début des années 1920, Roberts a rédigé deux rapports différents sur des problèmes liés au Livre de Mormon.[88][89] Ces rapports examinaient de façon critique et franche les affirmations sur la véracité du Livre de Mormon et étaient destinés à un usage interne parmi les dirigeants de l’Église.[90][91] S’ils sont sortis de leur contexte,[92] ils peuvent sembler être le travail d’une personne qui doutait ou de quelqu’un qui a perdu son témoignage.[93]

Une entrée du journal de Wesley P. Lloyd[BIO] indique aussi que, vers la fin de sa vie, Roberts pensait peut-être que le Livre de Mormon était difficile à défendre et que la Doctrine et Alliances constituait une preuve plus solide de l’Évangile rétabli.[94] Certains y ont vu un élément montrant que Roberts a peut-être perdu son témoignage du Livre de Mormon,[95] tandis que d’autres ont rejeté cette interprétation des données.[96]

Alors, dans quel contexte a-t-il écrit ces manuscrits ?

Roberts était un défenseur passionné de la foi.[97] L’apôtre James E. Talmage lui a demandé de répondre à une liste de questions sur le Livre de Mormon envoyées par un homme nommé James Couch, de Washington, D.C.[98] Cette tâche a amené Roberts à mener une enquête approfondie sur les possibles faiblesses de l’historicité du Livre de Mormon.[99] Il a présenté son travail à la Première Présidence et aux Douze les 4 et 5 janvier 1922.[100]

Qu’ont pensé le prophète et le Collège des Douze des recherches de B. H. Roberts ?

Après avoir rencontré Roberts, le président Heber J. Grant a nommé un comité apostolique pour examiner plus en détail les questions soulevées par Roberts, convaincu que des réponses finiraient par être trouvées.[101][102] Malgré la mesure prise par le président Grant, Roberts a noté qu’il était déçu par le niveau des discussions lors des réunions.[103][104]

Les dirigeants de l’Église ont-ils envoyé Roberts en mission pour étouffer ses études critiques sur le Livre de Mormon ?

Non. Roberts a eu le choix entre servir comme rédacteur du Deseret News ou comme président de la mission des États de l’Est, et il a volontairement choisi la seconde option.[105] Pendant qu’il servait comme président de mission, Roberts a continué à prendre la parole lors de la conférence générale et à publier des livres et des articles.[106][107] Rien n’indique que l’appel en mission de Roberts visait à le faire taire.[108]

Le récit de Heber J. Grant sur les réunions avec B. H. Roberts pour discuter des difficultés du Livre de Mormon

Heber J. Grant, Journal, 4–5 janvier 1922

[Mercredi 4 janvier 1922] . . . À 10 h 30, la Première Présidence, les apôtres et les membres du premier conseil des soixante-dix se sont réunis dans le bureau de la Présidence, et nous avons écouté un long texte posant des questions au sujet du Livre de Mormon, texte qui a été lu par frère B. H. Roberts. . . . À 16 h 30, la Première Présidence, les apôtres et le premier conseil des soixante-dix se sont de nouveau réunis et ont écouté un autre long texte de frère Roberts. La réunion a duré jusqu’à 18 heures. . . .

[Jeudi 5 janvier 1922] . . . De 17 h à 19 h 30, je me suis réuni dans le bureau de la Présidence avec la Première Présidence, les apôtres et le premier conseil des soixante-dix, et nous avons encore discuté des problèmes du Livre de Mormon qui avaient été présentés hier et ce matin par frère Roberts. J’ai nommé frères A. W. Ivins, James E. Talmage et John A. Widtsoe comme comité pour aider frère Roberts à formuler des réponses aux questions qui lui avaient été posées par frère Riter en réponse à des demandes d’information de la part d’un gentleman de l’Est qui dit être désireux d’en apprendre davantage sur les langues des peuples décrits dans le Livre de Mormon et sur les animaux domestiques qui auraient été découverts dans ce pays, ainsi que sur d’autres points. J’ai l’impression que le gentleman qui pose ces questions n’est pas quelqu’un qui cherche la vérité, mais un homme désireux de discréditer le Livre de Mormon. Chacun des frères, dans ses remarques aujourd’hui, a rendu témoignage de sa foi parfaite et absolue dans la divinité du Livre de Mormon et dans la véracité du récit, et les frères ont exprimé qu’ils se sentaient sûrs que, dans les desseins du Seigneur, on pourrait produire des preuves suffisantes pour soutenir le Livre de Mormon à partir de recherches archéologiques et d’autres recherches, pour toute personne qui cherche honnêtement la vérité. J’ai témoigné de l’inspiration et du témoignage qui me sont venus quand j’étais un garçon d’environ quinze ans de la divinité du Livre de Mormon, lorsque je l’ai lu attentivement et avec prière à cette époque. Nos réunions ont été extrêmement intéressantes pour moi, et je sens qu’elles ont été profitables. Je crois qu’hier et aujourd’hui seront comptés parmi les jours mémorables par tous les frères qui ont eu le privilège d’être présents à nos réunions. . . .[109]

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Quelles raisons y a-t-il de penser qu’il n’a pas perdu son témoignage après avoir fait toutes ces recherches sur le Livre de Mormon ?

Il y a trois raisons principales. D’abord, Roberts a écrit des lettres privées pour expliquer qu’il jouait en gros l’avocat du diable et qu’il croyait en fait au Livre de Mormon malgré ces problèmes.[110][111] Deuxièmement, jusqu’à sa mort en 1933, Roberts a déclaré à plusieurs reprises qu’il croyait à l’historicité du Livre de Mormon,[112] à la mission divine de Joseph Smith,[113] et à l’Église.[114] La troisième raison est que le fils de B. H. Roberts, Ben E. Roberts, a déclaré que son père « n’a rien trouvé dans son étude qui remette en cause l’intégrité du récit de Joseph Smith sur le Livre de Mormon ».[115]

Citations de B. H. Roberts sur le Livre de Mormon (1922–1931)

Date

Citation

Octobre 1922

« Dieu a fait certaines promesses dans les temps anciens au sujet du pays de Sion — l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. On nous dit dans le livre d’Éther que lorsque les eaux se sont retirées de ce pays, il est devenu un pays de choix pour Dieu, un pays qu’il consacrerait à la liberté, et donc à des institutions libres, ainsi qu’à un peuple juste. Voilà l’information que nous recevons de notre Livre de Mormon. Et plus tard, dans l’histoire de ce livre, nous recevons d’autres informations sur les décrets de Dieu concernant ce pays. »[116]

Mars 1923

« Je prends la position que notre foi dans le Livre de Mormon est non seulement inébranlée, mais inébranlable, et que nous pouvons donc regarder sans crainte tout ce qui peut être dit contre lui. »[117]

Avril 1923

« Je remercie Dieu d’avoir ainsi anticipé le besoin du monde religieux concernant une vraie connaissance de Dieu ; qu’il ait fait paraître, comme de la poussière, le témoignage de nations endormies en faveur de la grande vérité centrale de la religion chrétienne, ce fait important que Jésus-Christ est bien Dieu, manifesté en chair. »[118]

Janvier 1924

« La connaissance du Christ dans le Livre de Mormon est à la fois prophétique et historique. Pour apprécier pleinement la valeur de son témoignage sur le plan prophétique, il faut exposer et souligner le fait de la préexistence du Christ — c’est-à-dire son existence comme esprit personnel avant sa naissance dans la vie mortelle. . . . La naissance du Christ pour les Néphites — l’ancien peuple de l’Amérique — s’est manifestée d’une manière des plus singulières et des plus belles. . . . Ainsi, le Christ ressuscité a visité le monde occidental, s’est fait connaître à eux ; il leur a fait connaître le plan de Dieu pour le salut de l’homme ; il leur a enseigné la plénitude de l’Évangile ; il a organisé son Église parmi eux ; et il leur a donné les mêmes lois morales et spirituelles qu’il avait données aux peuples des terres orientales. . . . un nouveau « cinquième Évangile », à joindre aux quatre Évangiles du Nouveau Testament, qui contribue à augmenter les témoins de Dieu que Jésus est le Christ, le Dieu éternel, se manifestant à toutes les nations comme le Sauveur du monde et le Sauveur de chaque personne qui y vit, à la louange de sa majesté, et à la gloire de son nom pour toujours et à jamais. »[119]

Juin 1925

« Cela vient de notre Livre de Mormon, et fait partie de la préface de ces annales anciennes, mais cela a toujours été publié sur la page de titre de l’ouvrage traduit. Cette préface explique que ces annales ont été révélées et préservées afin d’amener à convaincre “les Juifs et les Gentils que Jésus est le Christ, le Dieu éternel, se manifestant à toutes les nations”. C’est le but principal de ce volume américain d’Écritures sacrées, le Livre de Mormon, et non pas seulement de témoigner de la divinité du Christ. Cela est assez généralement admis, si l’on parle maintenant de la chrétienté. Être divin est une chose, mais être la Divinité, le Dieu éternel, c’est quelque chose de plus qu’être divin. »[120]

Février 1927

« Ce Livre de Mormon donc, ce nouveau volume d’Écritures, révélé de Dieu, de la manière détaillée ci-dessus, est le nouveau témoin de Dieu au monde de la vérité que Jésus est à la fois Seigneur et Christ, — Jéhovah incarné, Dieu manifesté en chair. »[121]

Avril 1928

« Puisque c’est le jour de Pâques, laissez-moi attirer votre attention sur une autre chose dans le témoignage des Écritures des continents occidentaux — le Livre de Mormon — au sujet de la résurrection du Christ. Quel témoignage merveilleux ce livre contient en faveur de ce qui est célébré aujourd’hui dans toute la chrétienté, à savoir la résurrection d’entre les morts de notre Seigneur le Christ ! . . . . Quel message de la Divinité au monde ; un message et un témoignage du Christ. . . . Et le monde aurait perdu cela si le Livre de Mormon n’avait pas été publié, et il y a cent autres choses aussi glorieuses qui sont venues au monde dans ce livre pour éclairer les enfants des hommes, et tout cela aurait été perdu si ce volume américain d’Écritures n’avait pas été publié. »[122]

Février 1929

« Trois ans après cette première révélation, ce même jeune homme [Joseph Smith] reçut la visite d’un ange, qui dit qu’il était l’un des anciens prophètes qui avaient vécu parmi les anciens habitants de l’Amérique. Il était ressuscité d’entre les morts et était maintenant envoyé à lui pour révéler l’existence d’un récit des anciens habitants du continent américain, qui contenait non seulement une histoire abrégée de ce peuple et de la source d’où il venait, mais qui contenait aussi la plénitude de l’Évangile telle qu’elle leur avait été enseignée par les serviteurs inspirés et les prophètes de Dieu qui avaient vécu parmi eux, et par le Rédempteur glorifié et ressuscité qui leur avait rendu visite après avoir quitté ses disciples en Palestine. . . . Ce qui précède est le récit miraculeux sur lequel ce que le monde appelle le “mormonisme” — mais qui est en réalité l’Évangile rétabli du Fils de Dieu — est fondé. »[123]

1930

« Avec la parution du Livre de Mormon, il y a des événements surhumains qui y sont associés. Des événements que les hommes appellent habituellement miraculeux. L’existence du livre a été révélée par Moroni, un ancien prophète américain, maintenant ressuscité d’entre les morts, et collaborant avec Joseph Smith pour faire paraître au monde ce récit d’un peuple ancien. L’intégrité de toute cette histoire qui se déploie dans le texte de ces pages dépend de la réalité de ces choses. »[124]

Avril 1930

« Les annales de Joseph entre les mains d’Éphraïm, le Livre de Mormon, ont été révélées et traduites par la puissance de Dieu, et donnent au monde un nouveau témoignage du Christ, ainsi que la vérité et la plénitude de l’Évangile. »[125]

1931

« Le Livre de Mormon a été révélé et produit au jour ; ce volume américain d’Écritures, qui a révélé que l’Évangile de Jésus-Christ était connu parmi les anciens habitants des Amériques ; que le Christ ressuscité leur a rendu visite et a établi sa vérité et son Église. »[126]

Avril 1931

« Au début de la nouvelle dispensation — il y a plus de cent ans — le grand besoin du monde était sans aucun doute la foi, et donc l’étape logique à franchir dans le développement de cette nouvelle dispensation, après que Dieu eut suscité son premier témoin, Joseph Smith, était d’augmenter les preuves des vérités religieuses suprêmes ; d’où la parution du Livre de Mormon, le récit de l’action de Dieu auprès des anciens habitants de l’Amérique, principalement une branche de la maison d’Israël, descendants de Joseph, fils de Jacob. »[127]

Décembre 1932

« [Je suis] quelqu’un qui croit en [Joseph Smith], l’accepte comme un prophète du Très-Haut, inspiré comme aucun autre homme ne l’a été pour établir la vérité de Dieu dans le monde ; quelqu’un qui croit en lui sans réserve. . . . Pour moi, et en ce qui me concerne, il est le prophète du Très-Haut, élevé au ciel et sanctifié ! Qu’il demeure donc ainsi pour toujours. »[128]

Juin 1933

« [Dieu] a donné à [Joseph Smith] le pouvoir d’en haut de traduire le Livre de Mormon, et de là a découlé tout ce qui a fait paraître la nouvelle et dernière dispensation. Après le Livre de Mormon est venu le rétablissement de la prêtrise d’Aaron et de Melchisédek — avec l’apostolat, qui détient les clés mêmes de tous les pouvoirs spirituels de la prêtrise, les clés de ce royaume céleste. Puis l’organisation de l’Église ; la traduction d’Écritures anciennes — le Livre de Moïse et le Livre d’Abraham ; la venue du Christ, de Moïse, d’Élie et d’Élias, avec les clés de leurs dispensations respectives — tout cela et bien d’autres choses ont amené le développement de la vérité, que le prophète a révélée pour les anciennes dispensations. Voilà les commandements qui ont inspiré le prophète ! »[129]

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A-t-il jamais dit précisément qu’il ne croyait plus au Livre de Mormon ou à l’Église ?

Non. Roberts a écrit de nombreux articles sur l’Évangile rétabli et a prononcé de nombreux discours dans les années qui ont suivi ses recherches sur le Livre de Mormon, tous en soutien à la foi.[130][131] Rien n’indique qu’il ait jamais laissé entendre que ses recherches sur les difficultés du Livre de Mormon étaient autre chose qu’un exercice intellectuel pour aider à défendre la foi.[132]

B. H. Roberts dans les années 1920 et la page de titre de la première édition de 1830 du Livre de Mormon.

Mais est-il possible que Roberts ait développé une compréhension plus « nuancée » du Livre de Mormon, dans laquelle il croyait qu’il était inspiré, mais qu’il ne s’agissait pas littéralement d’un récit historique ?

Peut-être, mais probablement pas. Même après avoir rédigé ses études sur les problèmes du Livre de Mormon, Roberts a parlé à plusieurs reprises du livre comme étant d’origine ancienne.[133]

B. H. Roberts a-t-il déjà dit que si les membres de l’Église connaissaient la « vraie histoire », la moitié d’entre eux apostasieraient ?

Peut-être. La source de cette affirmation est tardive et de seconde main, et indique que Roberts a dit cela avec « une sorte de sourire malicieux », ce qui peut indiquer qu’il parlait sur le ton de la plaisanterie.[134]

Qu’a conclu sa recherche ?

Qu’il y avait des problèmes dans le Livre de Mormon liés à la linguistique,[135] à la migration des peuples autochtones,[136] à la métallurgie,[137] et aux chevaux.[138] Il a aussi relevé des points problématiques liés aux ressemblances entre le [BIO]View of the Hebrews d’Ethan Smith et le Livre de Mormon.[139]

Est-ce que ces problèmes sérieux existent encore aujourd’hui ?

Pas vraiment. Après presque un siècle de recherches, les spécialistes du Livre de Mormon ont en grande partie répondu aux questions que Roberts avait relevées, avec des niveaux de preuve variables.[140] Roberts lui-même n’était pas très préoccupé par la question des anachronismes supposés dans le Livre de Mormon.[141] Il est impossible de le savoir avec certitude, mais il est probable que Roberts aurait été satisfait de ces découvertes et explications modernes.

Qu’est-ce qui a changé au cours des 100 dernières années qui nous donne de meilleures réponses que celles de Roberts ?

Il y a eu de nouvelles découvertes archéologiques et davantage de recherches de la part des spécialistes, qui répondent mieux aux questions auxquelles Roberts s’est confronté au début des années 1920. Voir le tableau ci-dessous.

Progrès de la recherche sur le Livre de Mormon depuis les années 1920

Les préoccupations de Couch concernant le Livre de Mormon[142]

Avancées universitaires depuis 1922

Les études linguistiques divisent les langues amérindiennes en cinq groupes linguistiques distincts. Léhi et ses descendants n’auraient pas pu être à l’origine de cette division des langues en si peu de temps.

Les chercheurs saints des derniers jours (et l’Église) ont rejeté l’idée que Léhi soit l’ancêtre principal des Amérindiens.[143] Il y a aussi eu des études sur le lien entre les langues de l’Ancien Monde et celles du Nouveau Monde.[144]

Des chevaux sont présents dans le Livre de Mormon, pourtant les données historiques et paléontologiques montrent que le cheval n’était pas en Amérique à l’époque du Livre de Mormon.

Des recherches publiées en 2022 dans le Texas Journal of Science ont documenté des preuves de restes de chevaux précolombiens datant de la période correspondant au Livre de Mormon.[145]

Avant la découverte de données paléontologiques, des chercheurs ont proposé de possibles explications de traduction pour l’apparition du terme « cheval » dans le Livre de Mormon.[146]

Néphi a affirmé avoir eu un arc en acier, mais l’acier n’existait pas en 600 av. J.-C.

Des archéologues bibliques ont découvert de l’acier au Moyen-Orient dès le XIe siècle av. J.-C.[147]

Le cimeterre est une épée courbe qui n’existait pas avant le Moyen Âge, bien après l’époque du Livre de Mormon.

Des spécialistes ont identifié des épées courbes dans l’Israël préexilique et en Égypte.[148]

La soie est présente dans le Livre de Mormon, mais la soie n’était pas présente en Amérique à l’époque précolombienne.

L’évêque Diego de Landa et Francesco Saverio Clavigero parlent tous deux de « soie » précolombienne en Mésoamérique.[149]

The Facts

  • Au début des années 1920, B. H. Roberts a entrepris des études qui mettaient en évidence des problèmes concernant l’historicité du Livre de Mormon, à partir des connaissances de l’époque.

  • Il a partagé ces études avec la Première Présidence et le Collège des Douze.

  • Roberts a expliqué qu’il jouait en quelque sorte le rôle d’avocat du diable et que ces questions devaient être traitées.

  • Le président Heber J. Grant a chargé un comité d’aider Roberts à traiter les problèmes qu’il avait relevés.

  • Roberts a continué à servir fidèlement dans l’Église jusqu’à la fin de sa vie, témoignant de la véracité de l’Église et du Livre de Mormon.

  • Vers la fin de sa vie, il a dit à un ami qu’il pensait que la Doctrine et Alliances était une preuve plus solide que le Livre de Mormon en faveur de l’Église, parce qu’il y avait des questions non résolues concernant le Livre de Mormon.

Our Take

Apprendre que quelqu’un a perdu son témoignage peut être décourageant, encore plus quand il s’agit d’un membre important de l’Église. Et comme B. H. Roberts était une figure intellectuelle très influente dans l’Église, entendre qu’il a peut-être perdu son témoignage peut amener des gens à se demander s’ils peuvent être intellectuellement honnêtes tout en restant fidèles.

La bonne nouvelle, c’est que toutes les données disponibles indiquent que Roberts a gardé un témoignage fort et sincère de la véracité de l’Évangile. Il a reconnu ouvertement que le Livre de Mormon présentait des problèmes que les études savantes de l’époque ne pouvaient pas encore résoudre, mais il a continué à croire qu’il s’agissait d’un document ancien inspiré par Dieu. Aujourd’hui, presque toutes les difficultés que Roberts avait recensées ont été traitées par les recherches modernes.

Il est important d’étudier les choses à fond, à la fois sur le plan intellectuel et spirituel, avec un cœur humble. Des membres croyants, même des dirigeants de l’Église, peuvent avoir des questions intellectuelles sincères sans recevoir de réponse à toutes. C’est normal de lutter avec certaines questions, mais il est aussi important d’avoir de la patience et de faire confiance au fait que notre Père céleste révèle la vérité et la paix par l’Esprit, et de savoir que toutes les difficultés intellectuelles ne seront pas forcément résolues de notre vivant.

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