La race dans la Perle de Grand Prix

Le livre de Moïse et le livre d'Abraham dans la Perle de Grand Prix sont des Écritures inspirantes des saints des derniers jours, mais que disent-ils sur la race ? Sont-ils en accord avec ce que disent d'autres textes anciens ?
Que dit la Perle de Grand Prix sur la race ?
Dans son récit de l’histoire de la Genèse, le Livre de Moïse utilise les mots « noir » et « noirceur » en lien avec deux groupes de personnes : les « enfants de Canaan » et la « postérité de Caïn ».[1] Le Livre d’Abraham parle peut-être de ce premier groupe de personnes, mais ne mentionne pas la « noirceur ».[2]
La race n’est pas mentionnée dans les autres parties de la Perle de Grand Prix — les fac-similés du Livre d’Abraham,[3] les Articles de foi, Joseph Smith—Matthieu et Joseph Smith—Histoire.
Que dit le livre de Moïse sur la race ?
Le chapitre 7 du livre de Moïse dit qu’une « noirceur vint sur tous les enfants de Canaan » et aussi que « la postérité de Caïn était noire ».[4] Cependant, on ne sait pas clairement si cette « noirceur » fait référence à la race. Moïse 7 rapporte que la postérité de Caïn[BIO] était séparée de la postérité d’Adam[BIO][5] et qu’Hénoc[BIO] ne devait pas prêcher au peuple de Canaan.[6]
Alors, que veulent dire le livre de Moïse par « noirceur » et « noirs » ?
Le Livre de Moïse a été donné par révélation à Joseph Smith,[BIO][7] et il n’a pas donné d’explication pour ces termes.
« Blackness » et « black » pourraient faire référence à la couleur de peau.[8] Cela pourrait aussi faire référence à l’apparence du visage, ce qui était courant dans les textes anciens.[9] Ou cela pourrait faire référence à des personnes d’ascendance africaine, puisque cet usage était courant dans l’Amérique du XIXe siècle.[10] Cela pourrait faire référence à une « noirceur spirituelle » non littérale,[11] ou cela pourrait faire référence à tout autre chose.[12]
Les premiers dirigeants de l’Église croyaient-ils que les personnes africaines descendaient de Caïn ?
Oui.[13] En 1842, Joseph Smith a qualifié les Noirs dans son journal de « fils de Caïn »[14] et Brigham Young a enseigné en 1849 que les « Africains » étaient des « descendants maudits de Caïn ».[15] L’idée que les Noirs descendaient de Caïn était largement acceptée dans l’Amérique du XIXe siècle.[16]
Comment les récits bibliques anciens décrivent-ils le « visage » de Caïn après que le Seigneur a rejeté son sacrifice dans Genèse 4:5 ?
Elles varient. Le plus ancien fragment de Genèse 4:5 dans les Manuscrits de la mer Morte[17] et le texte hébreu massorétique de l’Ancien Testament[18] décrivent tous deux le « visage » de Caïn comme s’étant assombri. Aucun de ces récits ne fait référence à la couleur de sa peau. La Septante (la traduction grecque de la Bible hébraïque) n’utilise pas le mot « noir » pour décrire le visage de Caïn[19], pas plus que les Targoums araméens.[20]
Cependant, les textes correspondant à Genèse 4:5 dans la Peshitta syriaque[21] et le Livre d’Adam arménien[22] décrivent l’apparence de Caïn comme noire, ce qui pourrait être interprété comme une référence à la couleur noire. L’Apocalypse des animaux de 1 Hénoc[23] décrit Caïn comme un « veau noir », mais ne fait pas spécifiquement référence aux événements de Genèse 4:5.
Textes anciens liés à Genèse 4:5
Date approximative à laquelle le texte a été écrit ou traduit[24] | Date approximative du manuscrit[25] | Ancient text and translation | Notes |
800–600 av. J.-C. | 1008 apr. J.-C. | Texte hébreu massorétique :[26] Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu. Traduction française : Et le visage de Caïn fut très abattu. | N’indique pas une « noirceur ». |
800–600 av. J.-C. | 30–68 apr. J.-C. | Texte hébreu de la Genèse 4Q2 :[27] Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu. Traduction anglaise : Et le visage de Caïn s’abattit beaucoup. | Le texte est fragmentaire et incomplet, mais il ne semble pas indiquer une noirceur. |
années 300 av. J.-C. | années 200 de notre ère | Texte grec de la Septante :[28] καὶ ἐλύπησε[ν] τὸν Καιν λίαν καὶ συνέπεσε(ν) τῷ προσώπῳ Traduction anglaise : Et Caïn fut extrêmement attristé, et son visage s’abaissa. | N’utilise pas « noir » pour décrire Caïn. |
300–200 av. J.-C. | années 1600 de notre ère | Texte guèze de « l’Apocalypse des animaux » de 1 Hénoch :[29] እንበለ እንሥአ ለእምከ እድና ርኢኩ በራእይ በምስካብየ ወናሁ ወጽአ ላህም እምድር ወኮነ ዝኩ ላህም ፀዐዳ ወእምድኅረሁ ወጽአት ጣዕዋ አንስቲያዊት አሐ ቲ ወምስሌሃ ወጽአ ካልእ ጣዕዋ ወ ፩ እምኔሆሙ ኮነ ጸሊመ ወ ፩ ቀይሐ Traduction anglaise : Avant que je prenne ta mère Ednâ, j’ai vu en vision sur ma couche, et voici, un jeune taureau sortit de la terre, et ce jeune taureau était blanc ; et après lui vint une femelle de la même espèce, et avec elle vinrent d’autres bovins, dont l’un était noir et l’autre rouge. | Décrit Caïn comme un « veau noir » et Abel comme un « veau rouge ». |
35–120 apr. J.-C. | 1100–1200 apr. J.-C. | Texte araméen du Targum Onkelos :[30] et il fut montré à Caïn, pour qu’il soit seul, et son visage fut assombri Traduction française : Et cela fut très dur pour Caïn, et son visage fut abaissé. | Ce Targum ne précise pas que le visage de Caïn était noir, seulement qu’il était « abaissé » (kbš). |
100–400 apr. J.-C. | 1504 apr. J.-C. | Texte araméen du Targoum Neofiti :[31] et Caïn partit vers la terre de Nod, à l’est d’Éden, avec sa femme, et l’apparence de son visage fut changée Traduction anglaise : . . . et Caïn fut très mécontent et son visage changea. | Ce Targoum n’indique pas que le visage de Caïn était noir, seulement qu’il a « changé » (šny). |
200 à 1200 apr. J.-C. | 1590 apr. J.-C. | Texte araméen du Targum Pseudo-Jonathan :[32] ותקיף לקין לחדא ואיתכבישׁו איקונין דאפוהי Traduction française : Cela attrista beaucoup Caïn, et l’expression de son visage était abattue. | Ce Targum rend le verset de façon semblable au Targum Onkelos, mais avec l’ajout d’un mot grec emprunté : « l’expression [eikonon] de son visage... » |
IIIe siècle de notre ère | Entre 400 et 600 apr. J.-C. | Texte syriaque de la Peshitta chrétienne :[33] ܘܐܬܒܐܣܠܩܐܝܢ܂ܬܒܘܐܬܟܡܪܐܦܘܗܝ ܘܗ Traduction française : Et Caïn fut très mécontent, et son visage devint triste/devint noirci (ܬܟܡܪ; tkmr) | Décrit l’expérience de Caïn comme « être triste ou devenir noirci ». |
années 400 de notre ère | Entre 800 et 1200 apr. J.-C. | Texte arménien du livre d’Adam :[34] կարտիւ եհար զԿայենի երեսն եւ սեւացոյց իբրեւ զգործելի, եւ այնպէս մնաց երեսն սեւ: Traduction anglaise : Il frappa le visage de Caïn avec de la grêle, ce qui le noircit comme du charbon, et ainsi son visage resta noir. | Décrit le visage de Caïn comme « noirci ». |
Comment les récits bibliques anciens décrivent-ils la marque ou le signe que le Seigneur mit sur Caïn à la fin de Genèse 4:15 ?
Aucune des traductions anciennes ni des commentaires sur Genèse 4:15 ne décrit la « marque » ou le « signe » que Dieu a placé sur Caïn comme une peau noire. (Voir le tableau ci-dessous.)
Textes anciens liés à la marque ou au signe de Caïn décrits dans Genèse 4:15
Date approximative à laquelle le texte a été écrit ou traduit[35] | Date approximative du manuscrit[36] | Texte ancien et traduction | Remarques |
800–600 av. J.-C. | 1008 apr. J.-C. | Texte hébreu massorétique :[37] Et l’Éternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point. Traduction française :[38] Et l’Éternel mit un signe sur Caïn, afin que quiconque le trouverait ne le tue point. | Le terme hébreu 'ot (אוֹת) peut être compris comme une marque ou un signe visible extérieurement de protection divine.[39][40] |
IIIe siècle av. J.-C. | années 200 de notre ère | Texte de la Septante grecque :[41]<b></b> καὶ ἔθετο κύριος ὁ θεὸς σημεῗον τῷ Καιν τοῦ μὴ ἀνελεῗν αὐτὸν πάντα τὸν εὑρίσκοντα αὐτόν Traduction française :[42] Et le Seigneur Dieu mit un signe sur Caïn, afin que quiconque le trouverait ne le tuât point. | Le terme grec σημεῖον signifie un signe, une marque ou un symbole. |
35–120 apr. J.-C. | 1100–1200 apr. J.-C. | Texte araméen du Targum Onkelos :[43] Et l’Éternel mit un signe sur Caïn, afin que quiconque le trouverait ne le tue point. Traduction anglaise :[44] Et le Seigneur mit un signe sur Caïn, afin que quiconque le trouverait ne le tue point. | Le texte araméen correspond au texte hébreu massorétique. |
100–400 apr. J.-C. | 1504 apr. J.-C. | Texte araméen du Targum Neofiti :[45] Et l’Éternel mit un signe sur Caïn, afin que quiconque le rencontrerait ne le tue point. Traduction anglaise :[46] Et le Seigneur mit un signe sur Caïn afin que quiconque le rencontrerait ne le tue pas. | Le texte araméen correspond au texte hébreu massorétique. |
200 à 1200 apr. J.-C. | 1590 apr. J.-C. | Texte araméen du Targum Pseudo-Jonathan :[47] ורשם ייי על אפי דקין אתא מן שמא רבא ויקירא בגין דלא למיקטול יתיה כל דישכחוניה באיסתכלותיה ביה Traduction française :[48] Alors le Seigneur traça sur le visage de Caïn une lettre du grand et glorieux Nom, afin que quiconque le trouverait, en la voyant sur lui, ne le tue pas. | Le « Nom » peut faire référence au nom de Dieu.[49] |
années 200 de notre ère | Entre 400 et 600 apr. J.-C. | Texte syriaque de la Peshitta chrétienne :[50] Et un signe fut mis sur Caïn, afin que quiconque le trouverait ne le tue pas. Traduction anglaise :[51] Et le SEIGNEUR JÉHOVAH mit un signe sur Qayn, afin que personne qui le trouverait ne le tue. | Les premiers chrétiens syriens voyaient le « signe » de Caïn comme un moyen de protection divine.[52] |
400 apr. J.-C. | 1512 apr. J.-C. | Texte hébreu de la Genèse Rabbah : [53] Et l’Éternel lui dit : C’est pourquoi quiconque tuera Caïn… (Genèse 4:15). Rabbi Yehouda et Rabbi Néhémie [discutent de cela]. Rabbi Yehouda dit : les bêtes, les animaux sauvages et les oiseaux se rassemblèrent pour réclamer le sang d’Abel. [Dieu] leur dit : « C’est pourquoi je dis que quiconque tuera Caïn sera tué. » Rabbi Lévi dit : le serpent ancien vint réclamer justice pour Abel. Le Saint, béni soit-Il, lui dit : « C’est pourquoi je dis que quiconque tuera Caïn sera tué. » Rabbi Néhémie dit : le cas de Caïn n’était pas comme celui des autres meurtriers, car Caïn a tué sans avoir eu de qui apprendre. À partir de là, quiconque tuera Caïn sera tué. « Et l’Éternel mit un signe sur Caïn » (Genèse 4:15). Rabbi Yehouda et Rabbi Néhémie [discutent de cela]. Rabbi Yehouda dit : Il fit briller pour lui le disque du soleil. Rabbi Néhémie dit : est-ce que le Saint, béni soit-Il, aurait fait briller pour ce méchant le disque du soleil ? Non. Cela enseigne qu’Il fit paraître sur lui la lèpre, comme il est dit : « S’ils ne te croient pas, et n’écoutent pas la voix du premier signe… » (Exode 4:8). Rav dit : Il lui donna un chien. Abba Yossi ben Qesari dit : Il lui fit pousser une corne. Traduction anglaise :[54] « Et le Seigneur mit un signe [sur Caïn, afin que ceux qui le trouveraient ne le tuent pas] » (Genèse 4:15) : R. Juda a dit : « Il fit briller pour lui le disque du soleil. »[55] R. Néhémie lui dit : « Penses-tu que, pour cet homme méchant, Dieu ferait briller l’orbe du soleil ? Au contraire, il fit éclater sur lui la tsaraat [lèpre]. . . » Rab a dit : « Il lui a donné un chien. » [C’est le signe de Caïn.] Abba Yosé a dit : « Il lui a fait pousser une corne. » | Dans cette interprétation, un chien peut servir à signaler l’arrivée d’assaillants, et une corne peut être utilisée pour les repousser.[56][57] |
années 400 de notre ère | Entre 800 et 1200 apr. J.-C. | Texte du livre d’Adam arménien :[58] Une autre possibilité, c’est que les deux morceaux de peau étaient sur sa tête. Traduction anglaise : Le premier châtiment fut celui-ci : deux cornes poussèrent sur sa tête.[59] | L’indication physique de la « marque » de Caïn était la pousse de deux cornes sur sa tête. |
Que dit le livre d’Abraham sur la race ?
Il dit que Cham, Pharaon et les Égyptiens étaient des descendants du peuple de Canaan[60], mais il ne précise pas qu’ils étaient noirs.
Les Cananéens du livre d’Abraham sont peut-être, ou peut-être pas, le peuple de Canaan décrit dans le livre de Moïse comme ayant eu une « noirceur [venir] sur eux tous ».[61]

Les premiers dirigeants de l’Église croyaient-ils que les personnes africaines descendent de Cham ?
Oui, des apôtres et des prophètes du XIXe siècle et du début du XXe siècle ont déclaré que les personnes d’ascendance africaine étaient les descendants de Cham.[62]
Que disent les anciens récits bibliques sur l’apparence de Cham ?
Certains récits anciens semblent indiquer que Cham était noir, tandis que d’autres ne le font pas. Le texte massorétique de la Bible hébraïque ne semble pas indiquer que Cham était noir.[63] Philon d’Alexandrie ne semble pas non plus indiquer que Cham était noir.[64] Cependant, l’Apocalypse animale[65] et le Talmud palestinien[66] suggèrent bien que Cham était noir.
Textes anciens décrivant Cham.
| Approximate date text was written or translated[67] | Date approximative du manuscrit[68] | Ancient text and translation | Notes |
800–600 av. J.-C. | 100 apr. J.-C. | Texte hébreu des manuscrits de la mer Morte :[69] Noé se réveilla de son vin et il apprit ce que son plus jeune fils lui avait fait. Et il dit : Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères ! Et il dit : Béni soit l’Éternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur serviteur. Traduction française : Et Noé se réveilla de son vin et sut ce que son plus jeune fils avait fait. Et il dit : Maudit soit Canaan, il sera, pour ses frères, un esclave des esclaves ! Mais il ne maudit pas Cham, mais seulement son fils, car Dieu avait béni les fils de Noé. | Indique que Cham n’est pas maudit, mais que Canaan est maudit comme étant un « esclave des esclaves ». |
800–600 av. J.-C. | 1008 apr. J.-C. | Texte hébreu massorétique :[70] Et Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. Traduction anglaise : Et Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et le rapporta à ses deux frères dehors. | Le texte de Genèse 9:22 ne précise rien au sujet de la couleur de peau. |
IIIe–Ier siècle av. J.-C. | 300–100 av. J.-C. | Texte araméen de l’Apocryphon de la Genèse :[71] Col 12 : et [les fils de Cham : Cusch et Mitsraï]m, Puth et Canaan. Et leurs filles étaient au nombre de sept. Col 17 : Tous les Nagayotha qu’engendra Lud et Benין […]… ולמשך …[…]… […]… les fils de Cham Traduction anglaise : Col 12 : [Et les fils de Cham furent Kusch, Mitsraï]m, Puth et Canaan, ainsi que sept filles. Col 17 : bras de mer qui se trouve à côté de la région des descendants de Ham | Il y a deux mentions de Ham, et aucune des deux ne décrit son apparence.
|
| 300s B.C.E. | 100–400 apr. J.-C. | Texte grec de la Septante :[72] et Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père Traduction anglaise : Et Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, puis il sortit et le raconta à ses deux frères dehors. | Le texte utilise Χ pour écrire le nom de Cham.[73] Bien que certains commentateurs[74] aient lié le nom de Cham au mot signifiant « noir » en hébreu ou « serviteur » en égyptien, le nom Cham est d’origine inconnue.[75] |
300–200 av. J.-C. | années 1600 de notre ère | Texte guèze de l’Apocalypse animale :[76] Et cette vache qui naquit de lui donna naissance à un âne sauvage noir et à une brebis blanche. Et cet âne sauvage donna naissance à beaucoup d’ânes sauvages, et cette brebis donna naissance à douze brebis. Traduction française : Mais ce taureau qui était né de lui engendra un sanglier noir et un mouton blanc ; et ce sanglier engendra beaucoup de sangliers, mais ce mouton produisit douze moutons. | Semble associer « Ham » à la « noirceur », ce qui peut indiquer soit le « mal », soit une véritable couleur de peau.[77] |
années 100 de notre ère | 300–500 apr. J.-C. | Texte grec de Philon d’Alexandrie :[78] Pourquoi donc ai-je dit cela, sinon pour enseigner ceci : le fils de Noé, Cham, est le nom du mal au repos, tandis que le petit-fils est déjà celui du mal en mouvement ? En effet, Cham se traduit par chaleur, et Canaan par agitation. Or la chaleur, dans le corps, annonce la fièvre, le mal. Traduction anglaise : Ces choses ont été dites dans le but de montrer que Ham, le fils de Noé, est un nom pour le mal à l’état calme, et que son petit-fils Canaan désigne la même chose quand elle passe au mouvement actif. En réalité, Ham signifie, par interprétation, « chaleur », et Canaan, « agitation ». | Philon d’Alexandrie associe d’abord le nom Cham [ham] au mot hébreu qui signifie « chaleur » [hwm], même si ces deux mots ne sont probablement pas liés.[79] Il relie ensuite « la malédiction de Canaan » à « la malédiction de Cham ». |
300–700 apr. J.-C. | 300–700 apr. J.-C. | Texte hébreu du Talmud babylonien :[80] Cham fut frappé dans sa peau. Traduction anglaise : Ham (חם) a été frappé dans sa peau ( בעורו) | La malédiction de Ham a touché sa peau, mais on ne sait pas clairement si cela fait référence à la couleur de la peau ou à autre chose. |
400–500 apr. J.-C. | 1289 apr. J.-C. | Texte hébreu du Talmud palestinien :[81] Ham est sorti noirci. Traduction anglaise : Cham sortit [de l’arche] de couleur charbon. | Aucune indication sur comment ou pourquoi Ham était de couleur charbon. |
Pourquoi les commentateurs bibliques ont-ils associé Cham aux personnes d’ascendance africaine ?
Le mot hébreu חָם (hām) signifie « noir » ou « chaud ».[82] De nombreux commentateurs, anciens et modernes, ont interprété cela comme une référence à la couleur de peau de Ham.[83]
Cependant, l’un des premiers commentateurs bibliques, Philon d’Alexandrie, a lié le nom Cham à la chaleur dans le contexte de « la chaleur est un signe de fièvre dans le corps et de mal dans l’âme ».[84]
Si les récits bibliques les plus anciens ne semblent pas parler d’une couleur de peau littérale, est-ce que cela discrédite l’idée que ces « malédictions » étaient une peau sombre ?
Peut-être. La proximité dans le temps avec l’événement rapporté est un élément important pour évaluer un document historique, mais même les plus anciens textes bibliques disponibles restent éloignés de plusieurs siècles, voire de plusieurs millénaires, de la datation traditionnelle des événements de la Genèse.
Si les récits bibliques les plus anciens ne parlent pas de la couleur de peau, mais que des Écritures révélées des derniers jours et des enseignements de Joseph Smith disent que la « postérité de Caïn » était noire, qu’est-ce que cela signifie ?
Cela pourrait signifier un certain nombre de choses, à la fois pour le rôle de Joseph comme révélateur et pour la Perle de Grand Prix comme source d’informations révélées. (Voir le tableau ci-dessous.)
Tableau des hypothèses et des explications correspondantes
Hypothèse | Explication ou conclusion possible |
Les révélations et les traductions inspirées sont parfaitement reçues par leurs destinataires. | La Perle de Grand Prix a rétabli le sens perdu du récit de la Genèse, et la « postérité de Caïn » est noire. |
Le processus de traduction et de révélation est imparfait et est influencé par les préjugés et la culture du destinataire. | La Perle de Grand Prix a été filtrée à travers la vision du monde de Joseph et influencée par la tradition courante selon laquelle la « postérité de Caïn » est noire. |
Il n’existe pas de révélation ni de traduction inspirée. | La Perle de Grand Prix est une œuvre de fiction religieuse et reflétait les préjugés et les traditions que Joseph avait. |
Le livre de Moïse ou le livre d’Abraham a-t-il été utilisé pour justifier l’interdiction liée au temple et à la prêtrise ?
Oui et non. Les documents historiques ne contiennent pas de preuve directe que la Perle de Grand Prix a été utilisée pour justifier l’interdiction lorsqu’elle a été rendue publique en 1852,[85] mais jusqu’en 1978, quand l’interdiction a été levée, divers dirigeants de l’Église ont parfois fait référence au livre de Moïse et/ou au livre d’Abraham en parlant de l’interdiction de la prêtrise.[86]
L’Église condamne-t-elle le racisme ?
Oui. L’Église rejette tout racisme, y compris la théorie selon laquelle « la peau noire est le signe d’une défaveur divine ou d’une malédiction ».[87]



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