ADN et le Livre de Mormon

Les progrès de la génétique ont soulevé des questions importantes et controversées sur ce que les tests ADN effectués sur les Amérindiens disent du Livre de Mormon. Certains soutiennent que l’ADN réfute l’authenticité du Livre de Mormon, tandis que d’autres répondent que le texte ne présente pas d’affirmations vérifiables sur l’ascendance des Amérindiens.

Quel rapport l’analyse ADN a-t-elle avec le Livre de Mormon ?

L’introduction[1] du Livre de Mormon dit que c’est « des annales de l’intervention de Dieu parmi les anciens habitants des Amériques » et que l’un des groupes décrits dans le livre, les Lamanites, est « parmi les ancêtres des Indiens d’Amérique ».[2]

Les tests génétiques sur les Amérindiens indiquent qu’ils portent des gènes d’Asie centrale et orientale, et non du Moyen-Orient, d’où Léhi et sa famille sont censés venir.[3] Cela a amené certains à affirmer que le Livre de Mormon n’est donc pas un texte ancien,[4] et que les affirmations de vérité de l’Église sont donc fausses.

Une lithographie en couleur de 1844, réalisée par Edward Williams Clay et Henry R. Robinson, montrant Joseph Smith fils tenant un exemplaire du Livre de Mormon et tendant la main vers un groupe d’Indiens d’Amérique, sous-titrée « Joseph le prophète s’adressant aux Lamanites. »
Une lithographie de 1844 représentant Joseph Smith prêchant à un groupe d’Indiens d’Amérique à partir du Livre de Mormon, décrits comme des « Lamanites » par les auteurs de l’estampe.

Livre de Mormon et ADN

Modifications de l’introduction du Livre de Mormon

1981

L’Église publie une nouvelle édition du Livre de Mormon[5] qui ajoute l’affirmation que les Lamanites sont « les principaux ancêtres des Indiens d’Amérique ».[6]

Mai 2002

Thomas Murphy,[BIO] anthropologue et saint des derniers jours, publie l’article « Lamanite Genesis, Genealogy, and Genetics », en affirmant que les données ADN remettent en cause l’historicité du Livre de Mormon.[7]

8 décembre 2002

Le Los Angeles Times rapporte que, selon Thomas Murphy, le Livre de Mormon est une « fiction du XIXe siècle », que « Joseph Smith a menti » et qu’il (Thomas Murphy) doit comparaître devant un « conseil de discipline de l’Église » pour « apostasie ».[8]

février 2003

Thomas Murphy et son coauteur Simon Southerton[BIO] publient un article dans Anthropology News affirmant que les implications des preuves ADN pour le Livre de Mormon sont un « événement Galilée » pour les saints des derniers jours.[9]

2003

Des chercheurs de la Foundation for Ancient Research and Mormon Studies (FARMS) publient des réponses à Murphy et Southerton.[10]

11 novembre 2003

L’Église répond à la controverse sur l’ADN dans un communiqué de presse, en déclarant : « Les récentes attaques contre la véracité du Livre de Mormon fondées sur des preuves ADN sont mal réfléchies . . . cependant, [les questions scientifiques liées à l’ADN] sont nombreuses et complexes. »[11]

16 novembre 2004

L’Église publie une nouvelle édition du Livre de Mormon (l’« édition Doubleday ») mais conserve la formulation « les principaux ancêtres des Indiens d’Amérique » de l’introduction de 1981.[12]

2005

Simon Southerton est excommunié pour « avoir eu une relation inappropriée avec une femme ».[13]

2006

Une deuxième édition Doubleday du Livre de Mormon est publiée avec une introduction modifiée qui indique que les Lamanites sont « parmi les ancêtres des Indiens d’Amérique ».[14]

2007

Le Deseret News et le Salt Lake Tribune publient des articles sur le changement apporté à l’introduction de la nouvelle édition Doubleday.[15]

2013

L’Église publie une nouvelle édition officielle des ouvrages canoniques et y inclut le changement apporté à l’introduction de la deuxième édition Doubleday du Livre de Mormon.[16]

2013

L’Église publie l’essai des Sujets de l’Évangile « Livre de Mormon et études sur l’ADN », qui se termine par une déclaration de l’ancien Dallin H. Oaks[BIO] disant que « les preuves séculières ne peuvent ni prouver ni réfuter l’authenticité du Livre de Mormon ». [17]

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L’analyse ADN réfute-t-elle le Livre de Mormon ?

Cela dépend de ce que vous croyez au sujet du récit historique et de la géographie du Livre de Mormon. (Voir le tableau ci-dessous.)

ADN et le Livre de Mormon — modèles et théories

Hypothèse/Théorie

Détails

Implications de l’analyse de l’ADN

Modèle de géographie mésoaméricaine limitée (Sorenson, 1985) [18]

  • Léhi et sa famille n’ont habité qu’une petite région d’Amérique centrale.

  • Les peuples du Livre de Mormon ne se sont répandus que dans une zone géographique limitée et vivaient parmi divers peuples précolombiens non léhites.

  • Les Amérindiens modernes font partie des descendants de Léhi, mais n’en sont pas les seuls descendants.

Les données actuelles de l’ADN ne sont pas incompatibles avec ce modèle et/ou ne s’appliquent pas à ce modèle.[19]

Modèle de géographie hémisphérique (Pratt, 1840) [20]

  • Léhi et sa famille ont trouvé un continent américain vide en arrivant dans le Nouveau Monde.

  • Les peuples du Livre de Mormon se sont ensuite dispersés dans toute l’Amérique du Nord et du Sud.

  • Les Amérindiens modernes sont universellement et exclusivement les descendants de Léhi.

Les données ADN actuelles ne sont pas compatibles avec ce modèle.[21]

Modèle géographique limité de la « Heartland » (Meldrum, 2009) [22]

  • Léhi et ses descendants vivaient dans le Midwest et le nord-est des États-Unis.

  • Les peuples du Livre de Mormon n’ont habité qu’une zone limitée des États-Unis, en Amérique du Nord.

  • Les Amérindiens modernes de certaines tribus d’Amérique du Nord descendent de Léhi et ont été identifiés par l’ADN.

Les données ADN actuelles ne sont pas compatibles avec ce modèle.[23]

Le Livre de Mormon est un texte du dix-neuvième siècle (Southerton, 2005)[24]

  • Joseph Smith est l’auteur moderne d’un récit fictif du Livre de Mormon.

  • Joseph avait des croyances erronées sur les origines des Amérindiens et a repris des mythes populaires (et racistes) du XIXe siècle sur les « bâtisseurs de tertres ».

Les données actuelles de l’ADN sont cohérentes avec ce modèle.[25]

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Que disent actuellement les données sur la composition génétique des Amérindiens ?

Cela indique actuellement la présence de cinq grands haplogroupes mitochondriaux et de deux grands haplogroupes du chromosome Y dans la population,[26] que l’on trouve couramment en Sibérie, en Asie du Sud-Est et en Eurasie.[27]

L’analyse ADN est-elle fiable ?

Oui, même s’il existe encore des domaines de recherche en cours, la science de l’analyse ADN est généralement considérée comme fiable.[28]

Si la science de l’ADN est bien comprise, pourquoi les gens ne sont-ils pas d’accord sur sa pertinence pour le Livre de Mormon ?

Cela est principalement dû à des désaccords sur l’interprétation à la fois des données génétiques et de ce qu’affirme le Livre de Mormon.[29]

Y a-t-il des preuves d’un ADN « juif » ou moyen-oriental chez les populations amérindiennes ?

Non, probablement pas. Les partisans de la théorie du « Heartland » pour le Livre de Mormon ont soutenu que l’haplogroupe X (qui est présent dans les populations autochtones d’Amérique du Nord[30]) est une preuve en faveur du Livre de Mormon,[31] mais leurs arguments n’ont été acceptés ni par les scientifiques non saints des derniers jours du courant dominant ni par les généticiens saints des derniers jours qui acceptent l’historicité du Livre de Mormon.[32]

S’il y avait eu d’anciens Lamanites, ne devrait-on pas pouvoir détecter leur ADN aujourd’hui ?

Peut-être. Cela dépend des hypothèses faites sur l’identité lamanite,[33] et de la question de savoir si le Livre de Mormon décrit les Lamanites comme les seuls ancêtres des Amérindiens actuels.[34] Il y a aussi des facteurs compliqués liés à la reconstitution de l’ascendance génétique, ce qui rend peu probable qu’on puisse un jour détecter un « ADN lamanite ».[35] (Voir le tableau.)

Facteurs qui compliquent l’analyse de l’ADN et des populations

Facteur

Détails

Pertinence pour le Livre de Mormon

Goulot d’étranglement génétique

Un goulot d’étranglement génétique, aussi appelé goulot d’étranglement de population, est « un événement qui réduit fortement la taille d’une population », généralement à cause de la guerre, de maladies, de catastrophes naturelles ou de migrations. Cela provoque « une diminution du patrimoine génétique de la population, parce que de nombreux allèles, ou variants génétiques, présents dans la population d’origine sont perdus ». Le résultat est que « la population restante a un très faible niveau de diversité génétique, ce qui signifie que la population dans son ensemble possède peu de caractéristiques génétiques ».[36][37]

Le Livre de Mormon décrit ce qu’on pourrait appeler un goulot d’étranglement génétique ou démographique.[38] La colonisation des Amériques par les Européens a aussi entraîné des morts à grande échelle parmi les Amérindiens, provoquant un autre goulot d’étranglement.[39][40] Ces événements de goulot d’étranglement augmentent fortement la probabilité que la signature ADN de Léhi ait été perdue.[41]

Dérive génétique

La dérive génétique[42] est les « fluctuations aléatoires du nombre de variants génétiques dans une population. La dérive génétique se produit lorsque la présence de formes variantes d’un gène, appelées allèles, augmente et diminue par hasard au fil du temps. Ces variations dans la présence des allèles sont mesurées comme des changements dans la fréquence des allèles. »

La dérive génétique se produit naturellement quand les gens héritent de l’ADN de leurs parents. Les peuples du Livre de Mormon auraient naturellement connu une dérive génétique comme toutes les autres populations humaines.[43]

Effet fondateur

Un effet/événement fondateur se produit « lorsqu’une nouvelle colonie est créée par quelques membres de la population d’origine ». Une nouvelle « petite taille de population » présente dans un plus grand pool génétique peut faire que la colonie ait soit « une variation génétique réduite par rapport à la population d’origine », soit « un échantillon non aléatoire des gènes de la population d’origine ».[44]

Le Livre de Mormon décrit trois petites colonies de fondateurs migrant vers les Amériques.[45] Si les fondateurs de ces colonies ont rencontré une population plus grande déjà présente dans le pays et se sont mariés avec elle, alors il est très probable que cela ait entraîné une sous-représentation, ou peut-être même l’élimination, de la signature génétique d’origine des fondateurs dans la population.[46]

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Ces facteurs compliquants ont-ils été observés dans d’autres populations ?

Oui. Les populations anciennes d’Islande,[47] de Grande-Bretagne,[48] et du Proche-Orient[49] sont des exemples de peuples qui ont existé mais n’ont pas laissé de profil génétique détectable dans les populations modernes.[50]

La « théorie de la géographie limitée » du Livre de Mormon a-t-elle été créée en réponse à des données ADN problématiques ?

Non. Des versions d’un « modèle de géographie limitée » avaient été proposées dès les années 1910 et 1920 par des saints des derniers jours et d’autres personnes, à partir du texte du Livre de Mormon et de l’interprétation de données archéologiques.[51] Cependant, ce modèle n’a pas été largement adopté avant les années 1980, quand John L. Sorenson,[BIO] un anthropologue de BYU, a commencé à publier ses arguments en faveur d’un modèle de géographie limitée.[52]

L’Église adopte-t-elle une position officielle sur la géographie du Livre de Mormon ?

Non. En 2019, l’Église a publié un essai intitulé « Géographie du Livre de Mormon » qui déclare que l’Église « ne prend pas position sur les lieux géographiques précis des événements du Livre de Mormon dans les Amériques anciennes ». Il ajoutait : « Les personnes peuvent avoir leurs propres opinions concernant la géographie du Livre de Mormon et d’autres questions de ce genre sur lesquelles le Seigneur n’a pas parlé. »[53]

La seule position officielle de l’Église sur la géographie du Livre de Mormon est que « les événements que décrit le Livre de Mormon ont eu lieu dans les Amériques anciennes »[54] et que les Lamanites sont « parmi les ancêtres des Indiens d’Amérique ».[55]

Les théories selon lesquelles l’Amérique ancienne était déjà peuplée avant l’arrivée de Léhi ont-elles été avancées en réponse à des données ADN problématiques ?

Non. Dès 1909, des chercheurs saints des derniers jours ont proposé que l’Amérique ancienne était déjà peuplée avant l’arrivée de Léhi.[56] (Voir le tableau.)

Déclarations sur l’ascendance lamanite de saints des derniers jours du passé

Personne

Date

Citation

B. H. Roberts[BIO]

1909

« Je pense qu’il est incontestable qu’il y a eu des migrations depuis le nord-est de l’Asie vers les régions les plus au nord de l’Amérique du Nord, en passant par le détroit de Béring, où les continents asiatique et nord-américain ne sont séparés que par une distance de trente-six miles. . . . Il suffit de dire que, s’il y a eu de tels contacts, les annales néphites comme jarédites dans le Livre de Mormon n’en parlent pas. »[57]

Janne M. Sjodahl[BIO]

1921

« Il faut maintenant remarquer que le Livre de Mormon ne dit rien sur l’occupation de l’Amérique par l’homme avant l’arrivée des Jarédites. Si les scientifiques découvrent, au-delà de toute controverse, qu’il y avait ici des êtres humains avant la construction de la tour, en fait avant le déluge et jusque dans les âges glaciaires, les auteurs de ce volume n’y opposent absolument aucune objection. . . Si l’Amérique a été occupée par un peuple quelconque — des pré-Jarédites, comme nous pouvons les appeler — les informations à leur sujet doivent être recueillies, non pas dans le Livre de Mormon, mais dans les couches géologiques, ou dans les vestiges archéologiques existants. »[58]

B. H. Roberts

1922

« De plus, il est aussi possible que d’autres peuples aient habité certaines parties des grands continents américains, à la même époque que les peuples dont parle le Livre de Mormon, bien que la franchise m’oblige à dire que rien de tel n’apparaît dans le Livre de Mormon. Cependant, un certain nombre de nos étudiants du Livre de Mormon sont enclins à croire que les peuples du Livre de Mormon étaient limités à des zones beaucoup plus restreintes de leur habitat sur les continents américains que ce qu’on a généralement admis. »[59]

Janne M. Sjodahl

1927

« Il faut mettre en garde les étudiants du Livre de Mormon contre l’erreur qui consiste à supposer que tous les Indiens d’Amérique descendent de Léhi, de Mulek et de leurs compagnons, et que leurs langues et dialectes, leurs organisations sociales, leurs conceptions et pratiques religieuses, leurs traditions, etc., remontent tous à des sources hébraïques. . . . Il n’est pas non plus improbable que l’Amérique ait reçu d’autres immigrants d’Asie et d’autres parties du globe, qui ont pu introduire de nouvelles croyances et institutions, bien qu’ils ne soient pas mentionnés dans le Livre de Mormon. »[60]

Anthony W. Ivins[BIO]

1929

« Le Livre de Mormon enseigne l’histoire de trois peuples distincts, ou de deux peuples et de trois colonies différentes de personnes, qui sont venues de l’Ancien Monde sur ce continent. Il ne nous dit pas qu’il n’y avait personne ici avant eux. Il ne nous dit pas que des gens ne sont pas venus après. Et donc, si l’on fait des découvertes qui suggèrent des différences dans l’origine des races, cela peut très facilement s’expliquer, et de manière raisonnable, car nous croyons bien que d’autres personnes sont venues sur ce continent. »[61]

John A. Widtsoe[BIO] et Franklin S. Harris Jr.[BIO]

1937

« Le Livre de Mormon parle de trois peuplements de l’Amérique séparés et distincts. Le premier, celui des Jarédites, remonte à la tour de Babel ; les deux autres, ceux des Néphites et des Mulékites, datent de l’époque de Sédécias, roi de Juda. Il se peut aussi qu’il y en ait eu d’autres qui ne sont pas mentionnés dans le livre ou qui n’étaient pas connus des auteurs anciens. »[62]

William E. Berrett[BIO]

1938

« L’ascendance indienne, du moins en partie, est attribuée par les annales néphites aux Lamanites. Cependant, le Livre de Mormon ne traite que de l’histoire et de l’expansion de trois petites colonies qui sont venues en Amérique, et il ne nie ni ne réfute la possibilité d’autres immigrations, qui seraient probablement inconnues de ses auteurs. L’origine juive ne représente peut-être qu’une partie de l’ascendance totale de l’Indien d’Amérique aujourd’hui. »[63]

Roy A. West[BIO]

1940

« Il y a une tendance à utiliser le Livre de Mormon comme une histoire complète de tous les peuples précolombiens. Le livre ne prétend pas être une telle histoire, et nous déformons son message spirituel quand nous l’utilisons dans ce but. Le livre ne donne pas une histoire de tous les peuples qui sont venus en Amérique avant Colomb. Il a pu y avoir d’autres peuples qui sont venus ici, par d’autres routes et moyens, dont nous n’avons aucune trace écrite. »[64]

Antoine R. Ivins[BIO]

1950

« Je pense que nous ne sommes pas fondés à croire que tous ceux qui se sont ralliés à la bannière des Lamanites descendaient réellement de Laman et de Lémuel, ni que tous ceux qui se disaient Néphites étaient les descendants directs de Néphi, de Sam ou des fils fidèles de Néphi. . . . Il se peut qu’il y ait eu d’autres peuples que les Néphites n’ont jamais découverts et qui vivaient alors sur cette grande terre, ou, comme cela a été suggéré, que d’autres soient arrivés plus tard. »[65]

Hugh Nibley[BIO]

1952

« Ce n’est pas parce que le peuple de Léhi était venu de Jérusalem sur instruction spéciale que nous devons conclure que d’autres hommes n’ont pas pu vivre la même expérience. . . . Il n’est dit ni suggéré nulle part que même les Jarédites ont été les premiers à venir ici, pas plus qu’il n’est dit ni suggéré qu’ils ont été les premiers ou les seuls à être conduits depuis la tour. . . . Les descendants de Léhi n’ont jamais été les seuls habitants du continent, et les Jarédites n’ont jamais prétendu l’être. »[66]

Richard L. Evans[BIO]

1955

« Le Livre de Mormon fait partie d’un récit, à la fois sacré et profane, concernant des prophètes et des peuples qui, avec des groupes supplémentaires, comptaient parmi les ancêtres des Indiens d’Amérique. Il traite principalement des peuples de la période allant d’environ 600 av. J.-C. à 421 apr. J.-C. Ces peuples étaient d’origine asiatique, de la maison d’Israël, et ont quitté Jérusalem pendant le règne du roi Sédécias, avant de traverser finalement la mer vers le monde occidental, où ils ont construit de grandes villes et civilisations. »[67]

Bruce R. McConkie[BIO]

1958

« Les Indiens d’Amérique . . . avaient dans leurs veines un autre sang que celui d’Israël. Il est possible que des restes isolés des Jarédites aient survécu à la période de destruction pendant laquelle des millions de leurs semblables ont péri. Il est tout à fait apparent que des groupes d’Orientaux ont traversé le détroit de Béring et se sont progressivement déplacés vers le sud pour se mêler aux peuples indiens. »[68]

Ariel L. Crowley[BIO]

1961

« Il est incontestablement vrai que certaines tribus d’Indiens d’Amérique ont une ascendance mongole, en tout ou en partie. Toute position contraire irait directement à l’encontre des preuves accablantes par lesquelles ce fait est établi. . . . Le Livre de Mormon ne fait partie que de cette histoire, et ne devrait pas être considéré comme plus que cela. Il n’est pas davantage l’histoire de tous les peuples et de tous les événements des époques passées sur les continents américains que la Bible n’est une histoire de tous les peuples et de toutes les nations de l’Orient. Chacun couvre son propre temps et sa propre provenance, et ne prétend pas aller au-delà. »[69]

Hugh Nibley

1967

« Et tout comme le Livre de Mormon ne s’oppose en rien à la libre migration de toutes les tribus et familles qui choisissent de partir vers des régions au-delà de ce qu’il connaît, de même il ne fait pas obstacle à l’arrivée de tous les autres groupes qui ont pu occuper l’hémisphère sans qu’il le sache ; pendant des centaines d’années, les Néphites ont partagé le continent avec les Jarédites, bien plus nombreux, dont ils ignoraient totalement l’existence. À proprement parler, le Livre de Mormon est l’histoire d’un groupe de dissidents religieux préoccupés par leurs propres affaires religieuses, qui ne remarquent la présence d’autres groupes que lorsqu’ils ont une raison d’entrer en contact avec eux ou de se heurter à eux. »[70]

Paul R. Cheesman[BIO]

1968

« Le fait que certains immigrants soient venus par le détroit de Béring est la théorie la plus largement acceptée parmi les archéologues au sujet des premières migrations. Il se peut que certains groupes soient passés par ce détroit. Le Livre de Mormon ne le dit pas. »[71]

Lane Johnson[BIO]

1975

Les Lamanites de cette définition ont survécu au-delà de la fin du récit du Livre de Mormon, et c’est de ce peuple que descendent les Lamanites d’aujourd’hui. Autrement dit, ils sont les descendants de Léhi, d’Ismaël et de Zoram (voir Doctrine et Alliances 3:17–18) ; ils sont les descendants de Mulek et des autres membres de sa colonie (voir Hél. 6:10 ; Omni 1:14, 15) ; et ils peuvent aussi descendre d’autres groupes dont nous n’avons aucune trace. Il est certain qu’ils se sont mêlés à beaucoup d’autres lignées jusqu’aux extrémités de leur dispersion dans les Amériques et dans la plupart des îles du Pacifique depuis le moment où Moroni leur a fait ses adieux en l’an 421 apr. J.-C.[72]

Ross T. Christensen[BIO]

1976

« Le prophète Léhi, comme le rapporte 2 Néphi 1:5, a dit que le Seigneur avait aussi amené d’autres peuples dans les Amériques. Dans les versets 10 à 12, il a promis à ses fils que lorsque leurs descendants “tomber[aient] dans l’incrédulité” et rejetteraient le Messie, ces autres nations prendraient leurs terres, les blesseraient et les disperseraient au milieu d’effusions de sang, de génération en génération. . . . Il est donc impossible d’affirmer avec vérité que tous les Indiens d’Amérique sont des Lamanites. Le Livre de Mormon ne l’établit pas ; seuls certains membres de l’Église l’affirment. »[73]

Dallin H. Oaks[BIO]

1993

« Ici [à BYU dans les années 1950], on m’a présenté l’idée que le Livre de Mormon n’est pas une histoire de tous les peuples qui ont vécu sur les continents d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud à toutes les époques de la terre. Jusqu’à ce moment-là, j’avais supposé que c’était le cas. . . . Si le Livre de Mormon prétend seulement être le récit de quelques peuples qui ont habité une partie des Amériques pendant quelques millénaires dans le passé, le poids de l’argument change radicalement. Il ne s’agit plus de tout contre rien ; il s’agit de quelques-uns contre aucun. »[74]

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L’Église n’a-t-elle pas modifié l’introduction du Livre de Mormon en réponse aux questions liées à l’ADN ?

Oui, probablement. L’introduction de l’édition officielle de 1981 du Livre de Mormon publiée par l’Église indiquait que les Lamanites sont « les principaux ancêtres des Indiens d’Amérique ».[75] Cela a été changé dans l’édition révisée de 2006 du Livre de Mormon publiée par Doubleday sous la supervision de l’Église, pour indiquer que les Lamanites sont « parmi les ancêtres des Indiens d’Amérique ».[76]

Ce changement a été conservé en 2013, lorsque l’édition de 1981 du Livre de Mormon a été révisée et republiée par l’Église.[77] La raison officielle donnée pour ce changement était de « fournir plus de clarté et une plus grande exactitude ».[78]

L’Église a-t-elle officiellement répondu à la « question de l’ADN » ?

Oui. En 2003, l’Église a publié une déclaration officielle disant : « Les récentes attaques contre la véracité du Livre de Mormon fondées sur les données de l’ADN sont mal avisées. Rien dans le Livre de Mormon n’exclut une migration vers les Amériques de peuples d’origine asiatique. Les questions scientifiques liées à l’ADN, cependant, sont nombreuses et complexes. »[79]

Et en 2013, l’Église a publié un essai des Sujets de l’Évangile intitulé « Livre de Mormon et études sur l’ADN », qui donne une vue d’ensemble des recherches scientifiques et de leur lien avec le Livre de Mormon.[80]

The Facts

  • La version de 1981 de l’introduction au Livre de Mormon décrivait le peuple lamanite comme « les principaux ancêtres des Indiens d’Amérique ».

  • Diverses théories sur l’ascendance des peuples du Livre de Mormon, y compris le modèle de « géographie limitée » et l’idée de peuples non léhites habitant l’Amérique, sont discutées par des chercheurs saints des derniers jours depuis le début des années 1900.

  • Il n’existe aucun marqueur génétique connu, dans l’ascendance des Amérindiens, qui les relie à des peuples du Moyen-Orient.

  • La version de 2006 de l’introduction du Livre de Mormon a été modifiée pour décrire le peuple lamanite comme étant « parmi les ancêtres des Indiens d’Amérique ».

  • L’analyse de l’ADN n’a pas réussi à détecter une ascendance connue chez les populations modernes d’Islande, de Grande-Bretagne et du Proche-Orient.

  • L’Église a déclaré qu’on ne sait rien sur l’ADN des peuples du Livre de Mormon et que, en raison de phénomènes comme le goulot d’étranglement démographique et la dérive génétique, il est peu probable que leur ADN puisse être détecté aujourd’hui.

Our Take

On comprend que le Livre de Mormon est la « pierre angulaire » de notre foi — un document historique authentique d’un peuple ancien, un témoignage de Jésus-Christ et un témoin du Rétablissement. Une tradition ancienne au sujet du Livre de Mormon dit que les Amérindiens sont des descendants du peuple lamanite, qui a migré depuis l’ancien Israël. Cependant, les analyses contemporaines de l’ADN suggèrent qu’il n’existe pas de marqueurs génétiques reliant clairement l’ascendance des Amérindiens à l’ancien Israël ou au Moyen-Orient. La tradition est-elle fausse ? La science se trompe-t-elle ? Le Livre de Mormon n’est-il pas vrai ?

Il est naturel d’être inquiet quand la science et la foi semblent s’opposer sur une idée précise, et il est compréhensible de ressentir un malaise à l’idée que la science puisse contredire un aspect de notre foi. L’analyse de l’ADN écarte clairement l’idée traditionnelle selon laquelle Léhi et sa famille seraient arrivés sur un continent américain inhabité et l’auraient peuplé — une tradition qui n’est pas bien soutenue par le Livre de Mormon, mais qui a longtemps été une manière traditionnelle de comprendre ce récit.

Cependant, si d’autres populations étaient déjà présentes quand la famille de Léhi est arrivée sur le continent américain, alors les résultats de l’ADN ne sont pas surprenants. Cette idée d’une « géographie limitée » et d’une population déjà présente a été soutenue par de nombreux chercheurs dans l’Église tout au long du XXe siècle, bien avant que des analyses ADN soient faites. Il est important de reconnaître que, même si de nombreux chercheurs adhéraient au modèle de la « géographie limitée », ce point de vue n’était pas le récit généralement enseigné à l’Église. Cela rappelle qu’il faut comparer avec soin les récits traditionnels de notre foi avec les données scientifiques et historiques, et souligne que la foi et la raison ne s’excluent pas mutuellement.

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